5 films à voir pour étayer sa culture politique



Ça y est ! 2020 a finalement succombé !


Les Français auront fêté, de façon conforme à la réglementation en vigueur, le passage à la nouvelle année avec l’espoir que celle-ci ouvrira la voie à un nouvel âge de prospérité, où il sera possible d’aller jouer à la pétanque après 20 heures, de faire ses courses sans être obligé de se tartiner les mains au gel, gel dont au passage, personne n’est sûr de la composition, chaque commerce improvisant avec les moyens du bord.


Un âge où peut-être pourra-t-on ne pas avoir mauvaise conscience d’enlever le masque devant ses grands-parents pendant les fêtes, alors qu’au même moment, Selim et son ukulélé te rappelle ton manque de conformité morale, et que tu ne peux pas t’empêcher de penser au tragique destin de papi et mamie, morts des suites du Covid-19 parce-que tu avais oublié de remettre le masque après avoir engloutit l’assiette d’escargots qu’avais soigneusement préparé grand-mère Nicole…


Aussi, avant d’aller trop loin et de toucher au cynisme, sachons-nous nous arrêter et clarifier le fait que cet article se voudra écrit sur un ton plus léger que d’habitude, pour la simple raison que l’instant est à la fête, à l’espoir, au binge-watching, et, bien évidemment, à la politique.


Cette transition mérite assurément qu’on la remarque et qu’on la conserve dans le livre d’or de l’Association.


Alors, mesdames, messieurs et autres non-situés, nous vous proposons aujourd’hui une sélection de 10 films et séries à voir, revoir, streamer, pirater et que sais-je d’autres activités, qui, nous le savons, ne pourront qu’éveiller ou encore renforcer votre goût pour la chose politique.


Bonne séance !



1. Vice

Vice c’est l’histoire de celui qui occupera la vice-présidence sous l’administration Bush et les attentats du 11 septembre. Vice c’est l’histoire de l’homme à l’origine de la création d’un statut facilitant la guerre anti-terroriste. Vice c’est l’histoire d’un homme sûr, qui aura dirigé l’Amérique dans l’ombre pendant l’une des périodes les plus marquantes de ce XXIème siècle, et qui sera parvenu à créer de toutes pièces les preuves ayant accusées l’Irak de détenir des armes de direction. Vice c’est l’acronyme que l’on utilise pour désigner celui qui, dans le dos du président, à l’abri des lumières des médias, occupe une fonction centrale dans la politique du pays, bras droit véritable du chef de l’état aux responsabilités et pouvoirs tout aussi grands.


Ce Vice-là, c’est Richard Bruce Cheney, dit « Dick Cheney », et ce que propose ce film, c’est d’en approcher la vie d’en comprendre la carrière, les motivations, les tenants et les aboutissant, de comprendre comment un père peut laisser dire d’une de ses filles qu’elle est ouvertement contre le mariage-gay alors qu’il a toujours soutenu son autre fille, lesbienne, simplement pour qu’elle ait plus de chance d’être admise au Congrès.


Un film d’Adam Mckay avec ; Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell… sorti en 2018.



Scores et notations sur sites de référence :

  • Sens critique : 7.1/10

  • Rotten Tomatoes : 65/100%

  • Allociné : 3.9/ 5 pour la presse et 4/5 pour le vote spectateur



2. La Vague

Changeons maintenant de pays, quittons les hautes sphères politiques étatsuniennes pour revenir sur le continent européen, bienvenue en Allemagne. Ce film allemand donc, prend le parti de traiter le sujet de l’embrigadement de la jeunesse, mais également et surtout celui de l’idéologie, et plus particulièrement de décrypter, à travers un concept original, la façon dont ont créé de l’idéologie et du sentiment d’appartenance.


Le concept ? Le voilà : un professeur allemand, au passé anarchiste, ayant vécu dans sa jeunesse des expériences particulières, comme avoir squatté des maisons abandonnées, est déçu que le cours sur l’anarchie ait été attribué à un autre de ses collègues -certainement parce qu’il n’a pas avoir ce passif en question- et après s’être vu donner la charge de celui sur l’autocratie, décide de mener une véritable « expérience sociale » -qui ne se résume pas dans le fait de brûler des diabétiques pour voir si ça fait du caramel, refermons la parenthèse-. Le concept du concept ? Demander à ses élèves, qui essuient encore une étrange forme de culpabilité liée à la seconde guerre mondiale -alors que l’action prend place dans les années 2000- s’ils pensent qu’un nouveau mouvement autocratique pourrait ressurgir sur les cendres du nazisme. La réponse ? Non.


La réalité ? La réalité ce sera la Vague, un mouvement que mettra en place Reiner, puisque c’est là son nom, un prof allemand qui veut montrer à ses élèves qu’ils se trompent peut-être, et qu’il n’est pas impossible que bientôt un raz-de-marée idéologique post-Hitler déferle sur le pays…


La Vague (Die Welle) un film de Dennis Ganssel avec  Jurgen Vogel, Fredereick Lau… sorti en 2008



Scores et notations :

  • Allociné : 2.8/5 pour la presse et 4.1/5 pour la note spectateur.

  • Sens critique : 7.2/10



3. Le Poulain

Bien, maintenant que nous sommes en Europe, profitons-en pour faire un petit tour du côté de notre bonne vieille France et de son cinéma. Ah le septième art… on reprochera peut-être à cet article d’être allé chercher une comédie plutôt que de s’être attardé sur des films tels que L’exercice de l’État, qui, en plus d’être « bleu-blanc-rouge » sont effectivement à même de nous faire accéder aux rouages de la machine politique hexagonale.


La vérité va au fait que ce film apporte un regard léger sur les coulisses des campagnes électorales, et traite également de la façon dont un jeune homme, fraîchement diplômé, peut se retrouver à occuper, par de simples coups du destin, une position que beaucoup lui envieraient.


Le synopsis maintenant. L’histoire est axée autour du personnage d’Arnaud Jaurès, qui intègre l’équipe de campagne, au pôle communication, et qui tombe sous les ordres de l’implacable Agnès Karadzic, qui, à défaut de l’exploiter, lui enseignera tous ce qu’il y a à savoir dans ce domaine.


Le Poulain, un film de Mathieu Sapin ; avec Alexandra Lamy, Finnegan Oldfield… sorti en 2017



Scores et notations :

  • Allociné : 3.2/ 5 pour la presse et 2.8/5 pour la note spectateur

  • Sens critique : 5.3/10



4. The Great Dictator :

Repassons maintenant de l’autre côté de l’Atlantique et attaquons-nous à un monument du cinéma, j’ai nommé Chaplin. Des raisons qui doivent vous pousser à le voir, il n’y a pas grand-chose à dire, si ce n’est que ce film, sorti en 1940, tourné pendant que les nazis se livraient à la Blietzkrieg et conquéraient une grande partie de l’Europe occidentale, fut l’un des catalyseurs de l’opinion américaine, avec l’évènement de Pearl Harbour, quant à une prise de position et une riposte face à la dictature montante. Mais également que pour beaucoup, à défaut de s’y intéresser pour son aspect politique, il faille le considérer comme un classique à voir absolument lorsque l’on est résolu à se forger une bonne culture cinématographique, voire simplement une culture.


Pour ce qui est du synopsis, voilà ce que nous en dit le site de critique cinéma SenScritique : « Dans un ghetto juif vit un petit barbier juif qui ressemble énormément à Adenoid Hynkel, le dictateur de Tomania qui a décidé l'extermination du peuple juif. Au cours d'une rafle, le barbier est arrêté en compagnie de Schultz, un farouche adversaire d'Hynkel. »

Bref, regardez-le, ce sont votre culture et votre prof d’histoire qui vous remercieront.


The Great Dictator, un film de Charles Chaplin ; avec Charles Chaplin, Paulette Goddard… sorti en 1940



Scores et notations :

  • Sens Critique : 8.3/10

  • Allociné : 5/5 pour la presse et4.8/5 pour les spectateurs

  • Rotten Tomatoes : 93/100 %



5. Adults in the room

De retour en Europe, nous voilà replongés dans les méandres de la finance internationale et des liens parfois tumultueux qu’elle entretient avec la gouvernance politique des nations. Plus précisément, ce film, adapté du livre de Yanis Varoufakis qui fut ministre de l’économie de juin à août 2015 en Grèce, et fut en charge des négociations avec les principaux créditeurs du pays, pour éviter que la situation de la dette ne dégénère encore plus. Il permet de saisir les enjeux autour desquels gravitèrent les discussions, et d’acquérir de plus amples connaissances quant à la situation géopolitique grecque, mais également de mieux appréhender les liens de dépendances entre les banques européennes et les pays qui y ont recours, parfois prêtes à tout pour éviter un effondrement généralisé.


On ajoutera tout de même que certaines critiques du film pointent du doigt le fait qu’il se contente parfois de redistribuer des connaissances aisément trouvables dans une page Wikipédia, ce qui peut aussi passer pour un avantage, surtout quand on aimerait éviter de s’attarder sur les neuf sous-parties de la page « crise de la dette publique grecque » et leurs dizaines de sous-sous-parties, au nombre de trente, et autres sous-sous-sous-parties qu’on ne prendra pas la peine de décompter.


Adults in the room, un film de Costa-Gavras avec; Christos Loulis, Alexandros Bourdoumis… sorti en 2019.



Scores et notations :

  • Allociné : 3.6/5 pour la note de la presse et 3.5/5 pour la note publique.

  • Sens Critique : 6.6/ 10

  • Rotten Tomatoes : 50/100%



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Tom

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