2020, une année à oublier ?



« La pire année de l’histoire ». Ce qualificatif, loin d’être mélioratif, a pourtant été employé par l’éminent magazine américain The Time pour caractériser 2020, au début du mois de décembre. Il faut dire que les différents événements qui ont rythmé l’année écoulée ont ébranlé le monde entier, du fait de leur apparition brutale, et de leurs conséquences souvent désastreuses. A l’heure de faire le bilan, la tendance n’est donc pas forcément à l’optimisme. Tour d’horizon de ces divers épisodes qui ont fait 2020.


Eprouvante, calamiteuse, insolite, sinistre… Au moment d’évoquer l’année 2020, les mots ne manquent pas. Ce constat est notamment partagé par certains témoignages recueillis, qui font part de leur ressenti majoritairement négatif sur cette année si particulière. Felix, 9 ans et originaire de Boucau dans les Pyrénées-Atlantiques, en fait partie, et a ainsi déclaré les phrases suivantes, concises mais non moins pertinentes : « Cette année a été pénible. Je n’ai pas aimé grand-chose ». La Covid-19 en est évidemment la principale responsable.


Le coronavirus, grand artisan de cette année singulière

Apparu dans la ville de Wuhan en Chine, le coronavirus a permis de rendre possible l’impensable : l’expansion de ce virus au monde entier l’a transformé en une véritable pandémie touchant l’ensemble des continents. Ce scénario, digne d’un film catastrophe, a pourtant bel et bien eu lieu, ce qui n’a pas été sans conséquences sur la vie des habitants du monde entier. Certainement l’une des plus grandes pandémies mondiales depuis celle de choléra dans la première moitié du XXème siècle, la Covid-19 a désormais causé la mort de plus d’1,8 million de personnes. Ce chiffre, tout de même conséquent, illustre à lui seul l’impact de la pandémie sur le monde au cours de l’année 2020. Néanmoins, les statistiques dépeignant les victimes directes du virus ne suffisent pas pour véritablement rendre compte de la situation et des répercussions particulièrement déplorables de l’épidémie sur la vie sociale des individus à travers le monde. D’après le psychiatre Nicolas Franck, « cette crise pourrait même devenir une catastrophe psychologique ». Les conséquences néfastes de cette crise sanitaire sur le moral des individus se sont effectivement fait sentir, au cours de l’année et à l’occasion des différents confinements et reconfinements. En France, par exemple, d’après une enquête menée par Santé Publique France, après une semaine de confinement en mars, 26,7% des personnes interrogées déclaraient être atteints de troubles d’anxiété, contre 13,5% en 2017, à cause de ce contexte inédit. Ces chiffres illustrent ainsi les conséquences inquiétantes et indéniables de cette situation sanitaire instable sur l’aspect psychologique des Français, certainement causées par le manque de liberté qui leur est accordée. De même, d’un point de vue économique, le virus n’est pas exempt de tout reproche, au contraire. Les fluctuations que le virus a connu au cours de l’année qui vient de s’écouler ont effectivement eu raison de pléthore de commerçants, ou encore de restaurateurs notamment, laissant craindre, à terme, l’émergence d’une crise économique sans précédent. L’impact de l’apparition du virus et de son extension est donc prégnant et a contribué, à lui seul, à maintenir ce sentiment de morosité ambiante en 2020.


Une menace environnementale qui se fait de plus en plus pressante

2020 a également rimé avec catastrophes environnementales. Déjà très présentes ces dernières années, cette année n’a fait que confirmer cette tendance, marquée par de nombreux événements dans ce domaine. Les méga-feux en Australie, débutés en 2019, l’illustrent effectivement. Sûrement causés par le réchauffement climatique que connaît actuellement la planète, et qui est lié aux activités humaines, ces feux ont ainsi provoqué de fortes externalités négatives, en particulier sur la faune et la flore. Le bilan chiffré se porte ainsi à 18,6 millions d’hectares brûlés, au moins 34 morts et plus d’1 milliard d’animaux touchés. Parmi eux, le koala. On estime qu’un tiers d’entre eux ont péri au cours de cette catastrophe naturelle, et ce alors qu’ils étaient déjà menacés d’extinction au préalable. L’écologue au CNRS Franck Courchamp ose même parler « d’extinction fonctionnelle », considérant que la population appartenant à cette espèce ne peut plus fonctionner sur le long terme. Ce bilan cataclysmique ne doit cependant pas éclipser d’autres événements naturels ayant eu lieu en 2020, tout aussi importants. En effet, certaines statistiques établies lors de l’année écoulée permettent de véritablement témoigner de la situation écologique difficile de la planète, qui ne cesse de s’aggraver. 2020 a effectivement été l’année la plus chaude depuis 1900 (date de début des relevés), avec une température moyenne de 14 degrés. Le fait que l’Antarctique ait connu sa température la plus élevée jamais constatée sur le continent, à savoir 20,75 degrés, symbolise ce réchauffement climatique de plus en plus prégnant. 2020 a, par conséquent, grandement participé à l’accélération de ces différents phénomènes, aux effets indésirables.




Ci-contre, un koala secouru et mis hors des flammes émises par les feux de brousse australiens. Source : Le Parisien Un danger terroriste toujours aussi présent

Tirant certainement profit de ce contexte difficile, la menace terroriste a, une nouvelle fois, fait partie intégrante de l’actualité en 2020, faisant de personnes innocentes des victimes directes de ce fléau permanent. La France, déjà lourdement impactée par celui-ci lors des années précédentes, notamment en 2015, a par exemple encore été la cible d’attaques. L’assassinat de Samuel Paty, l’attentat de Nice, l’attaque dans les anciens locaux de Charlie Hebdo… Tant d’atteintes à l’intégrité physique et morale de la Nation, qui ont de nouveau fait de multiples victimes, blessés et morts confondus. La France n’est cependant pas l’unique pays à en avoir été le point de mire. L’attentat de Vienne, revendiqué par Daech et survenu le 2 novembre 2020, le prouve, avec un bilan de 4 morts et 23 blessés. Ces chiffres effroyables rappellent la présence toujours plus persistante du terrorisme, qui a imprégné 2020, une année déjà bien chargée.

Source image : La Voix du Nord


Un vide difficile à combler

Kobe Bryant, Diego Maradona, Sean Connery, Albert Uderzo, Jean-Loup Dabadie, Guy Bedos, Ennio Morricone, Annie Cordy, Pop Smoke, …et tant d’autres défunts aussi hétéroclites les uns que les autres. L’année 2020 peut être qualifiée d’année extrêmement meurtrière, étant marquée par le décès d’artistes en tous genres, que ce soit dans le domaine musical, sportif ou cinématographique. Quant au domaine politique, en France, la mort de Valéry Giscard d’Estaing, illustre personnalité politique et chef d’Etat entre 1974 et 1981, ne fait que corroborer ce terrible constat. Pléthore de personnalités, qui ont tant apporté à ce monde, se sont ainsi éteintes, laissant derrière elles un grand vide qui ne saurait être comblé du fait de leur absence. Cette raison, qui peut paraître anecdotique au vu des événements variés qui ont caractérisé 2020 cités précédemment, suffit tout de même, à elle seule, à donner à cette année une saveur si particulière.




Valéry Giscard d’Estaing, président de la République entre 1974 et 1981



Source : L'Union




Des motifs d’espoir ?

Malgré tout, certaines lueurs d’espoir, apparues en 2020, laissent espérer une année 2021 plus apaisée, avec moins de remous. Tel est le cas de la Covid-19, à laquelle une solution pourrait être apportée. Une campagne de vaccination a ainsi été mise en place fin décembre dans de nombreux pays, à la suite du développement d’un vaccin par les laboratoires Pfizer et BioNTech. Malgré l’apparition récente d’une nouvelle souche du coronavirus, la plupart des experts estiment que ce vaccin devrait être à même de pouvoir résister à celle-ci. Cette possibilité d’espoir a notamment permis de ponctuer l’année 2020, pourtant compliquée, de la plus belle des manières. De surcroît, certaines avancées, spécifiquement dans le domaine des droits des femmes, ont effectivement eu lieu au cours de cette année qui a clôturé la décennie. En Ecosse, le Parlement a ainsi voté la gratuité des protections hygiéniques, dorénavant distribuées dans des lieux dévoués à cette cause, tels que la plupart des pharmacies. Cette décision intervient dans un contexte de précarité menstruelle connue par maintes et maintes femmes. Encore plus récemment, le 30 décembre, l’Argentine, pays pourtant machiste, est devenue le plus grand pays d’Amérique latine à légaliser l’avortement quel que soit le contexte, alors que celui était auparavant seulement réservé aux victimes de viol. Ces deux décisions permettent donc de faire avancer la cause des femmes, en particulier les plus pauvres et précaires, et donnent par conséquent le droit, à ces dernières, d’espérer un avenir meilleur.


Particulièrement exceptionnelle, voire même hors normes, l’année 2020 ne laissera pas un souvenir des plus agréables. Malgré cela, certaines espérances ont surgi en cette fin d’année, laissant entrevoir la possibilité d’améliorer la situation tendue qui subsiste actuellement. 2021 permettra peut-être d’en attester.



Militants des droits à l’avortement manifestant leur allégresse à la suite de la décision prise par le Congrès argentin, mercredi 30 décembre


Source : France 24



Source image : Depisitphotos

Martin Bouyrat

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