5 nouveaux films à voir pour étayer sa culture politique



1. La Mort de Staline

Du thé pour le camarade ! Plus sérieusement, ce film qui relate les instants suivant la mort du dictateur russe, vous surprendra, de par son humour déjà, parce que oui, c’est bel et bien un film humoristique, quoiqu’anglais mais aussi de par sa tonalité quelque fois dramatique qui aura tout le plaisir de rappeler à votre mémoire que la politique, telle qu’on veut souvent se la représenter, c’est avant tout une histoire d’ambitions personnelles. Bon certes, ce genre de vision est très caricaturale, et c’est justement, je le crois, le but recherché par ce film. En effet, là où la plupart des hommes politiques auraient été représentés manipulant les intérêts nationaux pour leur propre compte, c’est avant tout comme des hommes apeurés qu’ils seront ici montrés.


Parce que ce qu’ils cherchent à faire, à défaut de monter dans la hiérarchie, c’est avant tout d’y rester et de ne pas finir envoyés tâter d’une cure de communisme stalinien dans un goulag absolument pas équipé au fin fond de la Sibérie. Réjouissant non ?


Et pourtant, ce film est amusant, parce qu’il joue sans cesse sur la fine corde qui relie chacun des protagonistes, une corde d’ambitions et de peurs mêlées, sur un ton farouchement humoristique, qui, s’il ne sera jamais clairement explicité, sera toujours aisément devinable et comme imposé par la mise en scène, par des situations au premier abord improbables, mais qui trouveront toujours un écho dans l’esprit du spectateur.


Oui, vous avez bien compris, pour rire avec ce film, il va falloir se creuser les méninges, mais l’expérience en vaut la chandelle, surtout lorsqu’elle se combine à un exposé du fonctionnement du système politique sous Staline, ce qui ne manquera pas de ravir votre culture générale !


Un film de : Armando Iannucci ; avec : Steve Buscemi, Simon Russell Beale, Jeffrey Tambor …


  • Rotten Tomatoes : 95%

  • SensCritique : 6.5/10

  • Allociné : Public : 3.6/5 et Presse : 3.2/5


2. Z

Costa Gavras a encore frappé. Oui, vous avez bien lu, deux films du même réalisateur figurent dans ces articles. Le premier délivrait une lecture et facilitait la compréhension de la situation grecque en étant l’adaptation par un cinéaste reconnu d’un livre écrit par l’un des acteurs de premier plan de cette même situation grecque, Varoufakis. Le deuxième donc, que voici, est ce qui légitimise le fait que l’on dise de Costa Gavras qu’il est un cinéaste reconnu. Un film donc, qui parle de démocratie, qui parle de dictature et qui parle de la Grèce sans jamais l'évoquer.


L’histoire ? La voici : Un nouveau parti politique fait parler de lui dans un pays dont le nom n’est jamais donné, son leader, le Docteur, organise un meeting. Bientôt celui-ci dégénère en une émeute, et le Docteur ainsi qu’un de ses partisans sont victimes d’agressions. Le Docteur décèdera finalement après son arrivée à l’hôpital. Une enquête est lancée, et elle atterrie entre les mains d’un jeune juge aux principes moraux qu’il veut inébranlables. Il conduira cette enquête avec la volonté de faire la lumière sur une affaire obscure, et dont les révélations pourraient bien avoir des conséquences dépassant sa simple personne. Ce film, qui est par ailleurs l’adaptation d’un autre roman écrit par Vassílis Vassilikós portant le même nom, est un parfait exemple de l’engagement politique d’un artiste qui rejaillit dans son œuvre. Alors regardez-le et regardez-le encore une fois…


Un film de : Costa Gavras ; avec : Yves Montand, Irène Papias, Jean-louis Trintignant…


  • Rotten Tomatoes : 94 %

  • SensCritique : 7.7/10

  • Allociné : Public : 4/5


3. Les hommes du président

Ou comment comprendre le scandale du Watergate. Sur ce coup-là, pas besoin de beaucoup de détails pour vous forcer à le voir, déjà parce que Robert De Niro, ensuite parce que la CIA, des jeux d’espionnage, des montées de stress, des bouffées de chaleur à n’en plus finir. Et surtout parce que le Watergate, parce que cette affaire est certainement l’une des rares aux retentissements si importants, parce qu’il est essentiel d’en cerner tous les aspects pour en mieux comprendre les conséquences sur l’Amérique (au sens des USA mais pas que), mais également sur le monde avec elle. Nous sommes plongés, entraînés dans la folle course que suivent deux journalistes de terrain, obsédés par l’idée de faire la lumière sur ce qui n’aurait jamais dû être qu’un simple cambriolage et qui s’est en vérité avéré relever du scandale d’état, eux-mêmes guidés par un mystérieux informateur au surnom plus qu’explicite : « Deep Throat », -non pas qu’on ne veuille pas le traduire, mais qu’une petite voix nous y pousse et qu’il faille y résister. Alors allez-y, plongez vous dans les méandres de cette affaire, laissez-vous entraîner par des révélations qui ne se succèdent jamais comme on le voudrait…


Un film de : Alan J. Pakula ; avec : Robert Redford, Dustin Hoffman…


  • Rotten Tomatoes : 94 %

  • SensCritique : 7,4/10

  • Allociné : Public : 4/5


4. V pour Vendetta

Quand l’anarchisme devient culte. V, ce masque devenu emblématique, un véritable symbole repris par les hackers des Anonymous, mais également par les manifestants et activistes du monde entier, de tous bords politiques. Il faut donc revenir aux sources pour comprendre l’œuvre à l’origine du symbole. Une œuvre qui est en vérité une bande-dessinée, un comic américain, dont le scénario est signé de la main d’Allan Moore qui était accompagné au dessin par David Lloyd. L’histoire prend place dans une Angleterre, seule survivante de ce que l’on suppose être les suites d’une guerre nucléaire ayant ravagé l’Europe et l’Afrique, tombée aux mains des fascistes ayant mis en place un système autoritaire, une police des mœurs, mais ayant également éradiqué leurs opposants, au même titre que tous ceux qui ne correspondaient pas aux critères du régime. On y suit l’histoire d’une femme qui sera prise sous l’aile d’un homme mystérieux, dissimulant son visage derrière un masque, se faisant appeler V, et cherchant, par tous les moyens à détruire l’ordre en place.


Ce film culte est donc à voir absolument, de par le simple fait qu’il évoque sous un jour très particulier et de fait intéressant les concepts anarchistes, tout en faisant réfléchir sur les caractéristiques des idéaux fascistes et la facilité avec laquelle ceux-ci peuvent arriver au pouvoir.


Un film de : Jeff McTeigue; avec : Natalie Portman, Hugo Weaving, Stephen Rea


  • Rotten Tomatoes : 73%

  • SensCritique : 7,2/10

  • Allociné : Presse : 3,1/5 et Public : 4,1/5


5. Quai d’Orsay

Bienvenue en mégalomanie, ou, plus exactement dans le ministère des Affaires Etrangères, dirigé par l’excentrique et grand amateur de penseurs grecs Alexandre Taillard de Worms. Ce que nous propose ce film adapté d’une BD du même nom, écrite et réalisée par Christophe Blain et Abel Lanzac, c’est de suivre la vie d’un jeune diplômé de l’ENA qui entre au service de ce lumineux, quoiqu’aveuglant, personnage, et qui devra apprendre à composer avec tous les rouages qu’exige le « langage », la rédaction de discours, pour satisfaire la demande de son excentrique supérieur. On pourrait se dire « Une comédie ? Encore ! », et ce ne serait pas faute d’avoir raison, mais il n’empêche que cette comédie, de par le sujet qu’elle traite et de par la façon dont elle le fait, dynamise et rend beaucoup plus facile l’ingestion des informations nombreuses qui nous sont données sur les règles et les enjeux de la politique internationale, et plus encore sur l’importance qu’il faut accorder aux mots lorsqu’il s’agit de s’adresser à des hommes qui pourraient, sur un simple malentendu lexical, décider que c’est là une raison suffisante au déclenchement d’une troisième guerre mondiale. Bref, regardez-le, au moins pour voir Thierry Lhermitte en Dominique de Villepin (l’alter ego véritable du personnage pour les incultes) tyrannique multiplier les recours à des citations d’Héraclite, un penseur grec qui serait certainement le seul à même de calmer les ardeurs de l’homme et de ses ambitions…


Un film de : Bertrand Tavernier; avec : Thierry Lhermitte, Raphaël Personaz, Niels Arestrup…


  • Rotten Tomatoes : 62%

  • SensCritique : 6,2/10

  • Allociné : Presse : 3,4/5 et Public : 2,9/5


Source image : Pixabay

Tom F.

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