Griveaux Gate


Source image : L'union


Ce véritable scandale politique a éclaté dans la nuit du 12 au 13 février lorsque des vidéos privées a caractères sexuels du candidat à la mairie de Paris de La République En Marche, Benjamin Griveaux, ont été partagées sur les réseaux sociaux.

Pourtant cette affaire a pris racine lorsque Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement, envoie en mai 2018, une vidéo à caractère sexuel à une compagne, Alexandra de Taddeo qui l’avait contacté quelque temps au paravent au sujet de politique. Il aurait alors utilisé pour cela une messagerie spéciale où la vidéo devait s’effacer un minute après son visionnage. Mais la jeune étudiante alors âgée de 27 ans décide d’enregistrer son contenu.


En été 2019 Benjamin Griveaux a alors annoncé sa candidature a la mairie de Paris. Alexandra de Taddeo, quant à elle est devenue la compagne d’un activiste russe, réfugié politique en France nommé Piotr Pavlenski, 36 ans, connu pour ses performances controversées (en 2012 il s’était cousu les lèvres en soutien à un groupe de rock féminin en procès ce jour-là ...). Il souhaite divulguer les vidéos en possession de sa compagne. Il prendra conseil auprès d’un avocat d’extrême-gauche Juan Branco auteur du livre Crépuscule où il critique Emmanuel Macron et apporte son soutien aux Gilets jaunes. Pavlenski sollicitera aussi une journaliste de Médiapart, Leneg Bredoux, le lundi 10 février qui refusera de lui apporter son soutien ainsi que de diffuser ces vidéos.

Finalement ces vidéos sont mises en ligne sur le site pornopolitique.fr de Piotr Pavlenski la nuit du 12 au 13 février. Il le revendiquera le 13 février. Ces vidéos circuleront en masse notamment sur Twitter où elles sont relayées par Laurent Alexandre, chirurgien-urologue, entrepreneur, écrivain, essayiste et militant politique français. Par ailleurs dans un entretien avec l’OBS, il regrette d’avoir relayé ces images (« Je n’avais pas vu les images. [...]Quand j’ai compris de quoi il s’agissait, j’ai immédiatement effacé mon tweet.[...]Il n’était pas mal intentionné et je ne fais partie d’aucun complot. »


Benjamin Griveaux découvrit ces vidéos dans l’après-midi du jeudi 13 février alors qu’il venait de donner son programme pour la mairie de Paris. Le lendemain, le vendredi14 février, à 9h, lors d’une conférence de presse, il annonce dans un message très émouvant, les larmes aux yeux, l’abandon de sa candidature à la mairie de Paris : « Ce torrent de boue m’a affecté. Un site internet et des réseaux sociaux ont relayés des attaques ignobles mettant en cause ma vie privée. Ma famille ne mérite pas cela. Personne, au fond, ne devrait jamais subir au fond une telle violence. C’est pourquoi j’ai décidé de retirer ma candidature à l’élection municipale parisienne. Cette décision me coûte, mais mes priorités sont très claires : c’est d’abord ma famille ». Agnès Buzyn, maintenant ancienne ministre de la santé, l’a remplacée dans la candidature pour le parti LREM. Après son abandon, il a reçu le soutien de la plupart des classes politique allant de La France insoumise au RN (Anne Hidalgo : « J’appelle au respect de la vie privée et au respect des personnes », Cédric Vilani : « J’adresse à Benjamin Griveaux, ainsi qu’à sa famille mon soutien […]. L’attaque indigne qu’il subit est une menace grave pour notre démocratie »…)

Immédiatement après Benjamin Griveaux a porté plainte pour « atteinte à la vie privée par diffusion d’images à caractères sexuelles contre Piotr Pavlenski (qui a revendiqué cette diffusion) . Lui ainsi que sa compagne Alexandra de Taddeo sont arrêtés, placés en garde à vue, puis mis en examen (il était aussi recherché par la police française depuis janvier pour des « faits de violences volontaires avec armes et dégradations en bande organisée). Pavlenski s’est justifié en disant que Benjamin Griveaux « méprise ses électeurs » et qu’il « utilise sa famille pour son image politique ». Il a aussi révélé vouloir « dénoncer l’hypocrisie [du candidat] ». Pour lui Griveaux est : « quelqu’un qui s’appuie en permanence sur les valeurs familiales, qui dit qu’il veut être le maire des familles et cite toujours en exemple sa femme et ses enfants. Mais il fait le contraire. ». Il ne se dit d’aucun groupe politique et agirait donc pour le l’intérêt de tous et pour dénoncer par le revenge-porn Benjamin Griveaux.

Concrètement l’infraction de « Revenge Porn » est ainsi régie par l’article 226-2-1 du Code pénal comme suit : « Lorsque les délits prévus aux articles 226-1 et 226-2 portent sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel prises dans un lieu public ou privé, les peines sont portées à deux ans d’emprisonnement et à 60 000 € d’amende.

Est puni des mêmes peines le fait, en l’absence d’accord de la personne pour la diffusion, de porter à la connaissance du public ou d’un tiers tout enregistrement ou tout document portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel, obtenu, avec le consentement exprès ou présumé de la personne ou par elle-même, à l’aide de l’un des actes prévus à l’article 226-1. » Pavlenski risque aussi un retrait du droit d’asile qu’il avait en France.

Cette affaire pose un vrai problème pour la Démocratie française : le pouvoir des réseaux sociaux et des images personnels qui seraient assez puissant a tel point de faire tomber un ennemi politique. Les libertés et le respect de notre Démocratie sont ils misent en jeu ?

A l’étranger, ce n’est pas la première fois que des activistes ou hommes politiques utilise cette méthode pour détruire ou mettre hors-jeu un adversaire politique. Ainsi en Russie cette technique bien connue est appelée « kompromat »( c’est à dire dossier compromettant). Par exemple Vladimir Poutine lorsqu’il était alors chef du FSB ( ex-KGB) à lui-même utilisé cette méthode en 1998 pour éliminer Iouri Skouratov, procureur chargé d’enquêter sur une affaire à propos de Boris Elstine.


Mais si cette méthode est couramment utilisée en Russie ou encore aux États-Unis, c’est la première fois qu’on l’utilise en France. Face à cette menace, Aurélien Pradié, secrétaire général de LR, nous met en garde : « Il faut que ce soit le début d’un sursaut. Sinon, il n’y aura plus de politique demain. Il y aura des ordinateurs et des dictatures .» Et, de mon point de vue, il a tout à fait raison si les Français ne réagissent pas et ne se posent pas de questions, nous allons droit vers un monde comme le décris Georges Orwell dans son livre 1984 . De même l’avocat chargé de défendre Benjamin Griveaux, Richard Malka, prévient de manière assez violente que ce scandale marque le début d’une menace pour la France et la République : « Depuis vendredi, on sait que l’on peut s’offrir le plaisir narcissique de faire démissionner un homme politique en vingt-quatre heures, en violant sa vie privée. » Pour ma part, je penses qu’en effet ce scandale politique va plus loin que la démission de Benjamin Griveaux, et qu’il représente une menace démocratique. Je trouve cela honteux qu’un homme que l’on accueil en France comme réfugié politique puisse utiliser ce genre de pratique. De plus que le fait que Piotr Pavlenski ait lui-même utilisé le revenge porn alors qu’il n’a cessé de dénoncer ce genre de méthode ainsi que le système russe qui utilise fréquemment cette méthode me sidère. Je penses franchement que Piotr Pavlenski mérite un procès et une peine digne de ce qu’il a osé faire a quelqu’un qui ne lui avait rien fait. Par la diffusion de quelques images personnelles Pavlenski a réussi à gâcher toute une carrière. De plus il faudrait aussi parler du pouvoir des réseaux sociaux ainsi que leurs influences sur ses utilisateurs. Pour finir je dirais que dans cette affaire ce n’est non seulement Benjamin Griveaux la victime, mais toute la République et notre Démocratie !

Et toi que penses-tu de cette affaire ? Crois-tu que ce scandale politique, si cela en est un pour toi, présente un danger ou une menace pour notre Démocratie ? Partage ton opinion et ton point de vue sur l’espace des débats !

Sources : Franceinfo, Le Monde, le Journal du Dimanche


Augustin