Interview : Olivier Falorni


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[INTERVIEW] Olivier Falorni député Charente maritime

#1 Comment a-t-il fait ses débuts ?


Olivier Falorni est un homme politique rochelais, durant sa carrière politique, il a occupé de nombreux postes. Premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste, conseiller municipal en 2001, puis adjoint au maire chargé des finances et des ressources humaines, conseiller régional Poitou-Charentes, et député à deux reprises en 2012 et 2017. Nous lui avons posé quelques questions.


Que représente pour vous l’engagement ?

Pour moi, l’engagement c’est la vie, je ne conçois pas une vie sans engagement. Alors, bien sûr cet engagement peut prendre de nombreuses formes, pas forcément l’engagement politique, loin de là. Mais c’est vrai qu’à titre personnel j’ai toujours eu l’envie d’être utile, de servir à quelque chose. Et l’engagement c’est ça en fait, c’est se dire que notre passage sur Terre aura servi un tout petit peu, mais il aura servi, il aura servi aux autres, il aura servi à soi-même aussi car l’engagement c’est aussi une source de satisfaction personnelle, donc oui l’engagement pour moi c’est la vie. Pour moi, être spectateur de sa vie et de celle des autres, ce n’est pas ma conception de l’existence, je conçois que ça puisse l’être pour d’autres, je ne dis pas que l’engagement doit être la ligne de conduite de tout le monde, même si je pense que si notre société ne comptait pas de citoyens engagés, elle serait dans une situation de faiblesse. Et la crise sanitaire que nous traversons aujourd’hui nous montre bien l’importance de la solidarité, et de l’engagement des autres pour apporter leur aide. Et, je pense que c’est souvent dans les moments les plus difficiles que l’on perçoit que l’engagement est indispensable.


Comment, quand et pourquoi êtes-vous entré dans la sphère politique, qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la politique ?

Alors, dans la suite logique de votre première question, ça a été à un moment de ma vie, une forme d’engagement évident. D’avoir franchi le pas d’entrer dans le monde politique n’est pas arrivé tout de suite, je ne me suis pas engagé en politique très jeune, je l’ai fait après avoir fini mes études universitaires. J’ai eu d’autres engagements avant, notamment dans la vie associative, dans des clubs sportifs, dans des associations plutôt à but caritatif. Mais, il est vrai que mon engagement dans la vie politique, et d’abord passé par ma passion pour l’histoire et l’histoire de la vie politique française. J’ai beaucoup travaillé durant mon cursus universitaire d’histoire sur la république Française, notamment sur l’Assemblée et sur ce qui s’y passe. C’est pourquoi lorsque j’ai été élu député et que je suis entré pour la première fois dans l’hémicycle, j’ai ressenti une certaine émotion en pensant à tous les moments d’histoires que ce lieu a connus. Mais pour revenir au commencement, c’est à la fin de mes études que j’ai trouvé intéressant de m’engager dans la vie politique, et c’est à la suite d’une longue réflexion sur mes idées et d’une rencontre avec Michel Crépeau, député-maire de La Rochelle que j’ai eu envie de franchir le pas.

Avant de rejoindre le Parti Socialiste en 1999 et de lancer votre carrière en politique, vous avez d’abord participé à l’université du Parti Socialiste en 1998, qu’est-ce que vous y avez appris ?

C’est par l’intermédiaire d’un ami qui était lui engagé au Parti Socialiste que j’ai pu participer à cette université d’été qui se déroulait d’ailleurs dans ma ville et que j’ai pu découvrir le fonctionnement d’un parti politique, bon évidement étant passionné de politique je connaissais déjà un peu ce qu’était un parti politique mais le fonctionnement réel de ce qu’était une université d’été je l’ai découvert grâce à cela, car on peut connaitre vraiment les choses qu’en y participant finalement ! Et donc j’y suis allé, mais de toutes façons mes opinions et ma sensibilité étaient déjà fixées, je vous l’ai dit, Michel Crépeau était un homme de gauche, moi je m’identifiais et me reconnaissais dans ces idées, même si aujourd’hui la gauche est plus complexe, ça reste mon identité. Et donc, effectivement sur la proposition de cet ami, j’ai participé à l’université d’été. C’est un week-end où les adhérents se réunissent et discutent autour de tables rondes de façon très concrète et directe des grands sujets de société. J’ai vraiment trouvé ça passionnant de plus, j’ai constaté qu’il y avait une grande diversité chez les adhérents de ce parti, et cette hétérogénéité m’a aussi intéressée. Ce sont ces rencontres qui m’ont poussé l’année suivante à adhérer au Parti Socialiste, mais après j’avais quand même un certain recul vis-à-vis du fait d’adhérer à un parti car il y a quand même un certain nombre de contraintes et on peut s’en sentir enfermé. Moi j’en garde de très bons souvenirs et une sorte de formation car à l’époque où ils étaient un parti digne de ce nom, c’était vraiment un parti où l’on pouvait réfléchir et apprendre. Et donc c’est vrai que l’université qui en fait partie m’a bien incité à rejoindre ce mouvement.


Quel serait les conseils que vous donneriez à un jeune qui veut se lancer dans la vie politique française ?

Mon premier conseil serait de ne pas considérer qu’un mandat politique est un métier, je conseillerais à un jeune de faire sa vie, sa vie personnelle, professionnelle et en parallèle, d’avoir un engagement politique car l’engagement politique ne peut pas être tout parce que ce n’est pas un métier la politique, c’est une partie d’une vie mais à titre d’exemple, moi mon métier c’est enseignant et le jour où j’arrêterai la vie politique, je reviendrai à mon métier d’enseignant. Il ne faut pas sacrifier ses études, avoir un métier, et considérer la politique comme un engagement, si on est élu durant un mandat provisoire qui vous est confié par les électeurs. Mon deuxième conseil, serait de toujours rester dans ces convictions, ne jamais y renoncer car parfois on peut être amené à vous dire : « vaut mieux dire ça c’est plus populaire » ou « non n’en parle pas, car, ça passera mal », non il faut toujours être fidèle à ses convictions sinon on n’est pas à la hauteur de ce qu’on doit aux citoyens, c’est-à-dire la sincérité, car si on n’est pas sincère, à un certain moment les citoyens s’en aperçoivent, surtout si on veut faire de la politique. Je dirais aux jeunes qu’il faut aimer les autres, il faut s’intéresser aux autres, avoir envie de résoudre leurs problèmes et de considérer qu’une vie politique réussie, un parcours politique réussi, c’est d’avoir contribué à vouloir changer la vie des autres en mieux et moi ma satisfaction en tant qu’élu, c’est d’avoir pu à certains moments, grâce aux fonctions que j’occupais, d’avoir pu aider et changer la vie de pas mal de personnes en mieux, soit de façon concrète au local, soit de façon législative au parlement. Voilà en fait ce que je dirais aux jeunes c’est n’hésitez pas à vous engager, mais ne vous engagez que si vous êtes sûr de vos convictions et si vous êtes prêts aussi à affronter les critiques, l’opposition, car la vie politique c’est aussi un combat, c’est des affrontements, ce n’est pas toujours facile. Donc il faut avoir des convictions fortes, être déterminé à les porter et surtout ne pas oublier qu’on n’est pas là pour soi mais pour les autres.