L’IA super-intelligente, utopie ou réalité ?



Les intelligences artificielles sont les nouvelles figures de proues du développement technologique mondiale. De la Silicon Valley à Pékin en passant par Tel-Aviv, des centaines d’entreprises font la course dans la conquête d’une IA toujours plus performante et proche de notre intelligence. Là où certains théorisent des super IA capables un jour de prendre la place de leur créateur d’autre ne voit en l’IA qu’un rêve impossible.


Spinoza dit « L’esprit ne se connaît pas lui-même, si ce n’est en tant qu’il perçoit les idées des affections du corps. ». On ne peut dissocier le corps, de l’esprit ; et il n’y a pas de conscience sans idée, ni d’idée sans affect, ni d’affect sans corps.* La question se pose donc, comment permettre à l’IA de ressentir nos sentiments et d’avoir un sens commun, quand elle est seulement capable de nous simuler, quand pour reconnaître un chat elle doit visualiser des millions de chat là où un humain n’as besoin de voir qu’un chat pour les reconnaître ?


L’IA a ses limites intrinsèques. L’humour et le bon sens en son deux. Le bon sens ou sens commun n’est pas définissable, se situant entre la rationalité et la mécanique du corps impossible de le décrire avec une suite de 0 et de 1. De plus, ce qui fait la complexité du sens commun et son impossibilité à être définie est son hétérogénéité, chacun à sa propre vision des choses et peut associer des finalités différentes à chaque chose. Or, c’est ce sens commun qui nous permet de saisir et de comprendre les différents concepts et finalités de ce qui nous entoure. « Je ris donc je suis. » L’humour, trait de caractère essentiel humain, est-il la limite entre l’homme et la machine ? En effet, si nous rigolons grâce à l’IA ce n’est pas parce qu’elle est drôle, nous rigolons plus de l’absurdité de celle-ci. On ne rit pas avec l’ordinateur mais on rit de l’ordinateur.*

L’IA super intelligente fantasmée par de nombreux géants de la tech ne semble pas pouvoir devenir un jour notre égal. Et elle pourra certes remplacer nos comptables mais jamais nos serveurs ou nos professeurs. En effet, comment l’IA qui est dépourvue de bon sens pourrait comprendre l’humeur du cuisinier ou les invectives des clients, quand toute l’expérience humaine est requise pour les comprendre ? Enfin, l’IA super intelligente est sûrement une utopie mais la disruption qu’elle causera doit être étudiée avec plus d’attention.



*La fin de l'individu, Voyage d'un philosophe au pays de l'intelligence artificielle – Gaspard Koenig


Source image : Le Revenu

Théo Stipa