L’opération Barkhane



Récemment, la France a été ébranlée pendant ses périodes de fêtes de fin d'année, suite à deux annonces du gouvernement. Tout d’abord le 28 décembre, au sujet de la mort de trois soldats lors de l’opération Barkhane dans la région du Sahel, plus précisément dans la “zone des trois frontières” (croisement entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso) , puis le 2 janvier pour annoncer la mort de autres militaires dans les alentours de Ménéka au Mali. Ces militaires étaient le brigadier-chef Tanerii Mauri et les chasseurs de première classe Quentin Pauchet et Dorian Issakhanian, qui appartenaient au 1er régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse, ainsi que la sergent Yvonne Huynh et le brigadier Loïc Risser.


Depuis le lancement de l’opération en 2014, 57 militaires français ont péri dans la région en comptant les morts naturelles, accidents et suicides. Mais quel est le rôle de ces soldats morts si loin de la France?


Qu'est ce que l’opération Barkhane ?

L’opération barkhane n’est pas l’opération originale lancée dans la région du Sahel, elle a succédé à l’opération Serval. Celle-ci, lancée le 11 Janvier 2013, comptait 1700 soldats ainsi que du matériel militaire important, composé notamment d’avions et d’hélicoptères de transport et d’attaque. Cette première opération est mise en place au Mali afin de stopper l’avancée de groupes terroristes djihadistes, contrôlant de plus en plus de territoires dans le nord du pays, et également pour soutenir les troupes maliennes anticipant une potentielle offensive sur Bamako, la capitale. Ainsi, l’opération Serval menée au pas de course défait rapidement les groupes armés visés.


Seulement, le Mali n’est pas définitivement débarrassé de ces groupes armés qui n’ont fait que se réfugier dans des pays alentours, assaillis à leur tour. Or l’opération Serval n’agissait que dans un périmètre limité au Mali.Elle va laisser la place à l’opération Barkhane, le 1er août 2014, qui couvre un territoire bien plus vaste. La zone de combat s’étend alors dans cinq pays différents, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger ainsi que le Tchad, la région du Sahel dans sa totalité, soit une taille équivalente à celle de l'Europe. Les moyens sont alors augmentés pour soutenir les 4500 hommes qui participent à l’opération en collaboration avec les pays du G5 Sahel. 13 à 17 avions de transport et de chasse, 830 véhicules blindés et logistiques ainsi que 19 hélicoptères et 3 drones.


Les difficultés

Seulement, la complexité du conflit se révèle être un problème majeur dans la réussite de l’opération. En effet, la guerre est asymétrique, opposant des forces militaires de métier, formées et équipées de meilleurs équipements, à des milices disparates. La France est l’un des pays possédant la plus grande armée dans le monde, la tâche reste pourtant ardue. En effet l’ennemi dispose de plusieurs avantages qui jouent en sa faveur. Il est tout d’abord séparé en diverses factions plus ou moins liées, ce qui le rend imprévisible. De plus, les groupes terroristes tels qu' Al Qaïda au Maghreb islamique ou AQMI, daech ou encore Boko Haram sont solidement implantés dans la région et savent se coordonner. Enfin, avec eux se mélangent diverses milices locales plus ou moins sympathisantes avec les forces françaises, selon leurs chefs, qui rendent donc les actions de l’armée plus incertaines selon leurs réactions. Tous ces ennemis ont avec eux la connaissance du terrain, l’avantage de la discrétion et se rendent de cette manière souvent invisibles en cas de traque. Cette difficulté de cerner l’ennemi est donc en partie à l’origine de la durée imprévue de l’opération, maintenant lancée il y a 7 ans. L’autre cause est due non aux ennemis de la France mais à ses alliés, tels que le Mali. En effet, l’opération a pour but de combattre les groupes terroristes en attendant que les pays concernés par la menace forment une armée capable de prendre la relève. Seulement, du fait de l’instabilité sociale, économique et politique de ceux-ci, l’espoir qu’une véritable armée se forme est encore maigre, même si le processus est en bonne voie.


Les succès

En effet, l’opération Barkhane est tout de même régulièrement à l’origine de succès non négligeables dans la région. Le meilleur exemple reste la très récente opération “Eclipse”. Cette action a été menée du 2 au 20 janvier, 18 jours durant lesquels les soldats maliens et la force française Barkhane ont mené conjointement une opération d’envergure contre les djihadistes présents dans la région des « trois frontières ». L’opération aurait fait une centaine de victimes du côté djihadiste. « Les forces maliennes et françaises ont travaillé main dans la main, appuyées par des moyens aériens de surveillance, de reconnaissance et d’attaque. Il s’agissait d’une opération de ratissage de la zone, pour détruire du matériel, déloger les djihadistes et montrer que les troupes militaires étaient présentes dans la zone » déclare Gaspard Schnitzler, spécialiste les questions de défense à l’Institut de relations internationales et stratégiques. C’est malheureusement dans cette attaque que des soldats français sont morts en janvier. Malgré ces pertes, l’opération reste un succès et permet de rappeler la présence et la capacité des troupes françaises. De plus, cette action a été menée conjointement entre les forces armées françaises et maliennes, qui montre donc le progrès dans l’organisation militaire du pays. La situation reste sensible dans la région, mais malgré tout, la France joue pleinement son rôle de protection des populations civiles.


Source image : Ministère des Armées

Damien H.

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