La Chine : une croissance en déclin


Source image : Fund Global Asia


Aujourd’hui, la Chine est le pays le plus peuplé du monde, avec une population s’élevant à environ 1,395 milliards d’habitants, et le quatrième plus grand pays du monde en termes de superficie. Économiquement, la Chine est un des pays les plus puissants de la planète. Cependant, cette puissance économique à l’échelle mondiale est fort récente. En effet, en 1950, la Chine était le pays le plus pauvre de la planète. Mais ce pays sera-t-il capable de maintenir sa progression économique dans les années à venir ?


Tout commence en 1976. Suite à la mort de Mao Zedong, président du Parti communiste chinois de 1943 à 1976, le parti communiste se tourne vers le libéralisme économique et ouvre le pays aux échanges commerciaux. Depuis, la Chine a connu une croissance économique surprenante et est devenue, en l’espace de trente ans, le deuxième pays du monde par son produit intérieur brut (PIB). En effet, de 1980 à 2010, son PIB a augmenté de 9 à 10% par an et son revenu par habitant a été multiplié par quatre. De plus, d’après la Banque Mondiale, ce pays est aujourd'hui devenu le premier pays du monde pour le PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA). Les causes de cet essor économique sont variées.


Pour commencer, depuis 1980, la Chine a connu une forte croissance du capital et du travail. Effectivement, en trente ans, le nombre d’habitants en âge de travailler (15-59 ans) a augmenté de 360 millions de personnes. De plus, de nombreux investissements ont été réalisés au profit des industries et infrastructures du pays.


La Chine bénéficie également d’une main d’œuvre abondante et qualifiée, grâce à un niveau d’éducation de plus en plus élevé. Ainsi, le pays fabrique et fournit aujourd’hui la plupart des produits consommés dans le monde grâce à une production de masse de produits industriels et manufacturés, ce qui permet à la Chine d’être très active dans la mondialisation.


L’implication de la Chine dans la mondialisation est due à de nombreux facteurs. Pour commencer, ce pays dispose d’une façade maritime dynamique, longeant la mer de Chine. Cette façade maritime est d’ailleurs la plus active du monde et inclut, grâce à des équipements ultra-modernes et à des aménagements industrialo-portuaires, les plus grands ports de la planète dont Shanghai, le premier port mondial. La Chine est aussi un pays très attractif grâce à sa main-d’œuvre peu coûteuse et qualifiée, ainsi que la présence de ZES (Zones Économiques Spéciales) attirant de nombreuses entreprises étrangères. De plus, ce pays détient le marché intérieur le plus important de la planète, notamment grâce à une population élevée. Enfin, l’intégration de la Chine dans la mondialisation est due aux nombreux échanges réalisés par ce pays. En 2001, la Chine intègre l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) qui a pour conséquence de multiplier par trois ses échanges avec les autres pays du globe.


Cependant, l’économie chinoise connaît de plus en plus de difficultés. Avec le vieillissement de la population chinoise et un âge de retraite bas (60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes), le financement des retraites dans ce pays, fonctionnant par répartition, devient de plus en plus compliqué. En effet, il y a aujourd’hui en Chine, 240 millions de seniors dans le pays et les retraités représentent 17% de la population. Le vieillissement de la population est notamment dû à la politique d’enfant unique datant de 1979, mis en œuvre afin d’éviter la surpopulation dans le pays. En 2018, la Chine a connu un rythme de progression économique de seulement 6,6%, le plus bas depuis 1990. Selon le magazine Capital, cela est dû à la “chute des investissements en infrastructures, effondrement de la consommation (les ventes de voitures ont reculé de 5,8% sur l’année, une première depuis vingt ans), contraction de l’activité manufacturière et du commerce extérieur en décembre dernier (les exportations ont diminué de 4,4%, la plus forte baisse en deux ans), sans parler du dévissage de la Bourse.” Selon ce même magazine, le ralentissement de l’économie chinoise a également été causé par une augmentation du coût du travail entraînant ainsi une augmentation du coût des exportations. De plus, avec les taxes imposées par les États-Unis sur les importations chinoises, les échanges commerciaux entre ces deux pays diminuent progressivement. Enfin, la pollution élevée de l’air en Chine pose problème pour les collectivités locales contraintes d'investir dans des infrastructures et des aménagements afin de purifier l’air, dont le montant des opérations s’élève à environ 3 à 8% du PIB chinois.


En plus, la crise sanitaire du Covid-19 n’arrange pas les choses : l’économie du pays a été fortement perturbée et malgré le retour au travail dans la majorité des provinces chinoises, la Chine, selon Le Monde, “s’aperçoit que faire redémarrer l’activité est bien plus difficile que de l’arrêter.” En effet, le journal affirme que l’économie du pays n’a toujours pas atteint son rythme habituel et la production industrielle a diminué de 13,5% par rapport aux deux premiers mois de l’année précédente. De plus, les ventes en détail (le fait d'acheter et de vendre en petites quantités) ont diminué de 20,5% en janvier et février 2020. Cela est notamment dû au fait que malgré la réouverture des magasins, les clients n’osent pas encore y pénétrer, de peur de se faire contaminer par le Covid-19. Ainsi, le redémarrage de l’économie chinoise s’avère lent et difficile.


E.C.

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