La Franc-maçonnerie

Artisans philanthropiques où héritiers du 4ème Reich reptilien ?


Introduction

OUI.


Oui les Francs-maçons contrôlent le monde, oui ce sont aussi des reptiliens et oui, ils collaborent activement avec les aliens nazis qui ont organisé la Révolution Française. Ils ont même créé un syndicat pour ça : le SEDACI, pour Syndicat Éclairé des Débiles et Autres Crédules Internationaux.


Donc, comme vous l’aurez sûrement compris, tout ceci n’est pas vrai, ces « organes complotant pour une domination mondiale » n’existant (apparemment) pas...


A moins que… et si la Révolution Française avait été orchestrée par ce groupuscule proche du 4ème Reich ?


À moins que le simple fait d’avoir été un groupe de penseurs n’ai contribué à en motiver certains des plus hauts placés à agir dans la sphère décisionnelle d’alors, contribuant ainsi à ce mouvement historiquement français ?


Moins vendeur, beaucoup moins vendeur, on le concédera facilement.


Mais avant de nous lancer trop rapidement dans des conclusions hâtives, faisons un point éthique. Il se trouve que la question de la franc-maçonnerie n’a pas manqué d’alimenter les esprits depuis ses débuts, que ce soit ceux d’écrivains talentueux ou bien de théoriciens plus prolifiques les uns que les autres, mais qui ne manquent finalement pas non plus de talent quand il s’agit de faire parler leur imagination.


Ce faisant, si certains font figures d’autorité dans ce domaine, le nombre de théories farfelues ne manquent pas. Alors replaçons les choses comme elles sont d’un point de vue neutre, celui de l’Histoire avec un grand H (bien que la neutralité de ceux qui font l’histoire puisse être remise en question, il n’empêche que cela n’est pas le sujet).


Parce que personnellement, quand on m’a demandé de me renseigner à leur sujet, autant-dire que je ne partais de rien, ou, à défaut, de pas grand-chose. Si ce n’est que ces « Francs-maçons » devaient surement être autre chose que des artisans adeptes du « no filter-talking » (ou « parler sans filtres » pour les quelques sexagénaires intéressés par le sujet).


Aussi je me plongeais dans des recherches qui me conduisirent, non pas au sens de la vie (ce qui aurait été tentant, il faut l’avouer) mais plutôt du côté d’une organisation aux multiples visages qui, comme beaucoup l’on déjà dit auparavant, se veut plus être discrète que secrète. Mais bref, tout ça ce sera pour la conclusion, ne vendons pas la peau des moutons avant d’avoir attelé le chariot.


Voici pour vous, devant vos yeux, ébahis, éblouis par la lumière bleutée de votre écran, la vérité sur les francs-maçons (ou du moins un amalgame récapitulatif de tous les autres amalgames trouvables sur Internet), sur ce, je vous souhaite un agréable élargissement synthétisé et une bonne lecture !


Comment ils-en sont venus à dominer le monde ? Qui sont-ils réellement ?

Pour cela, jeune padawan, il te faudra revenir aux origines même de la Force. Une Force qui prend sa source dans l’artisanat anglais, plus précisément celui des années 1600, c’est en effet en 1599 qu’aurait été fondée la toute première loge maçonnique, dite « opérative », c’est-à-dire composée entièrement de gens dont maçon se trouvait être le vrai métier.


Car il faut savoir qu’à l’époque les artisans avaient tendance à rejoindre des organisations, nommées « guildes », en fonctions de leur profession, or certains d’entre eux firent le choix de préférer la liberté de vaquer de chantier en chantier, et, si on avait voulu quelque peu exagérer la chose, au gré de leurs envies. Si c’est la date de 1599 qui a été retenue pour illustrer les premiers pas de la franc-maçonnerie en ce monde, c’est qu’il y a une raison derrière cela, raison que voici aujourd’hui exposée et qui prend l’apparence d’un « traité » maçonnique : les Statuts Shaw.


C’est William Shaw, alors chargé de la direction des travaux du roi d’Ecosse, Jacques VI, qui en est à l’origine. Effectivement, via sa fonction de directeur des opérations quant à l’entretient des résidences royales, il est alors le plus haut placé en termes de responsabilité vis-à-vis de son corps de métier, il apparaît donc comme logique que ce fusse lui qui statua des règles régissant l’ensemble des loges « opératives » de l’époque. Les Statuts Shaw, donc, sont un ensemble de texte qui s’appliquent à tous ceux prétendant vouloir entrer en maçonnerie, elle fige notamment les premiers grades maçonniques, au nombre de trois, « apprenti-entré », « compagnon » et « surveillant de loge », il est à noter que le terme de « maître maçon » apparaît également, mais il désigne alors un ensemble de capacités qualifiantes reliées au métier de maçon et non un statut hiérarchique. On évoquera rapidement le fait que les Statuts Shaw furent entièrement rédigés sur deux années, 1598 et 1599, 1598 étant comme dit précédemment l’année de l’édiction des règles maçonnes, et 1599 ayant de son côté statué de l’importance de la loge de Kilwinning, à laquelle sera finalement attribué le numéro zéro, face à la loge d’Édimbourg, qui écopera elle du numéro 1 à la suite d’un conflit que l’on aurait pu qualifier « d’influences », Kilwinning se réclamant en effet comme étant la toute première loge maçonnique, revendication qui n’avait visiblement pas complètement satisfait la loge d’Edimbourg, se considérant de la même façon quant à la « primeur » maçonnique.


Une évolution qui tend à un changement en profondeur

Au fur et à mesure que les années passent, les loges et les pratiquants changent. Les loges « opératives » se font de plus en plus rares, tout comme les maçons purement de métier y siégeant, et bientôt on voit apparaître, au sein de plusieurs d’entre elles, des initiés issus de classes sociales différentes : marchands, savants, et autres hommes en quête de connaissance. Car c’est bien que progressivement les loges se transforment en lieu de débat politiques et philosophiques, et que l’on y est admis sur la proposition de quelqu’un qui en est déjà membre, autrement dit via une forme dite de « cooptation ». Mais s’il est une date importante dans ce tournant que prend la maçonnerie, c’est bien le 24 juin 1717, où quatre loges, anglaises toujours, différentes décident de fusionner pour former la première Grande Loge maçonnique, dite « Grande Loge de Londres et de Westminster ».


Mais au fond, qu’est-ce qu’une Grande Loge ? et bien c’est simplement un regroupement de plusieurs loges entre elles, qui décident d’unir sous une même fédération leurs groupes respectifs et ainsi de mettre en commun des capacités financières ou encore à faire circuler les idées. Même si, ce faisant, elles doivent se conformer à la doctrine commune qui est mise en place. Dans l’hexagone on pourrait citer l’exemple du Grand Orient de France. On parle alors « d’obédience » maçonnique.


L’histoire continue son cours et assiste notamment à la scission de la franc-maçonnerie en deux courants majeurs : les « Ancients » qui se réfèrent uniquement aux Anciens-Devoirs, un corpus de textes issus de différentes périodes historiques qui traitent des savoirs maçons « opératifs », et les « Moderns », qui, quant à eux, ne s’appuient pas seulement sur les Anciens-Devoirs mais sur une synthèse de différents textes dans lesquels ils sont inclus et qui induisent donc un mode de pensée spéculatif plus « progressiste ». D’ailleurs, la Grande Loge de Londres et de Westminster était une obédience dite « moderne ».


Une autre année importante dans la généalogie maçonne est 1723, puisqu’est rédigée la Constitution d’Anderson qui marque un premier pas vers la Constitution de 1813, Constitution sur laquelle se basait en l’occurrence les « Moderns ».


La franc-maçonnerie se répand ensuite à travers le monde dans le courant de ce 18ème siècle marqué par la prolifération des cultes maçonniques dans un grand nombre de pays, dont la Russie en 1717 ou encore l’Allemagne, bien que plus tardivement, c’est-à-dire en 1736. En 1738 apparaît en France une première obédience d’envergure nationale, précédemment citée et sobrement intitulée Grande Loge de France. Plus tard, en Angleterre cette fois-ci, les deux grandes loges d’alors placées respectivement sous la tutelle des « Moderns » pour l’une et des « Ancients » pour l’autre, fusionnent pour ne plus former que la Grande Loge Unie d’Angleterre placée sous l’égide des « Ancients ».


Une division féconde

Regardons maintenant la situation de la franc-maçonnerie française. C’est sous la direction de Napoléon Bonaparte que celle-ci se voit réorganisée autour du Grand-Orient de France, décision que l’on pourrait considérer comme une forme de volonté d’avoir la mainmise sur une institution pensante - que l’on pourrait presque considérer, sous cet aspect du moins, comme l’un des précurseur aux groupes de réflexions ou « think-tank » actuels - dans le but d’écarter le plus possible l’influence anglaise et religieuse de ces véritables « réservoirs à idées » qui ne manquent pas de compter parmi leurs membres des citoyens pouvant se révéler influents et dont il ne saurait souhaiter l’opposition, une décision planifiée et politique en somme.


Un événement des plus importants revêt, en 1877, la forme d’une pierre angulaire dans l’histoire maçonnique française. Il s’agit d’un schisme amorcé par la vive tension qui oppose certaines institutions maçonniques européennes à l’église catholique, apostolique et romaine. Des tensions qui amènent le Grand Orient de France à ne plus rendre obligatoire la foi catholique pour entrer en maçonnerie ainsi qu’à supprimer l’obligation de la référence à un « Grand Architecte de L’Univers » dans ses rites. Ces choix ne manquent pas d’attirer l’attention de la Grande Loge Unie d’Angleterre qui finira par rejeter le Grand Orient de France en déclarant l’obédience « irrégulière ».


Ce faisant le Grand Orient de France devient entièrement autonome et ne rompt pas pour autant ses relations avec l’entièreté des autres loges maçonniques dans le monde, maintenant le contact avec d’autres loges laïques notamment en Amérique ou encore en Europe.


Rôle du Grand Orient de France dans l’histoire politique française post-1877

Le GODF joue un rôle important dans le constant travail démocratique français des années 1900, s’engageant notamment de façon politique, il contribuera à l’édiction de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de L’Etat. D’un autre côté son image est profondément entachée lorsqu’est révélée au grand jour sa participation centrale à « L’affaire des fiches », qui consistais en un fichage systématique des officiers de l’armée jugés trop proches des milieux cléricaux et religieux et dont les ascensions aux grades supérieurs étaient ralenties, dans l’objectif d’écarter l’influence que ceux-ci pourraient avoir dans les hauts-cercles décisionnels.


Il soutiendra par la suite l’engagement de la France dans la Première Guerre Mondiale, connaîtra ensuite une certaine rechute de ses effectifs en 1919, s’engagera dans des actions internationales durant l’entre-deux guerres via lesquelles il favorisera l’extraction des opposants aux régimes autoritaires se mettant en place partout en Europe, que ce fussent les Républicains espagnols ou les démocrates italiens opposés à Mussolini.


Il est dissout par le régime de Vichy durant l’occupation puisque jugé trop proche de la République qui vient de tomber. Nombre de ses membres deviendront par la suite des Résistants, tels Pierre Brossolette.


Idéologiquement progressiste il apportera son soutien au mouvement des contestations étudiantes de Mai 1968.


Mais alors, comment faire si l’on veut devenir maçon ?

Et bien il vaut mieux pour cela déjà fréquenter une personne l’étant, en effet la cooptation joue un grand rôle dans l’initiation du futur maçon, c’est en effet bien souvent sur proposition d’une de ses connaissances déjà initiée au rite maçonnique que celui-ci soumettra une candidature pour entrer dans une obédience. De nos jours il est possible de se renseigner sur la démarche à suivre via les sites Internet de nombre d’entre elles.


S’en suivra alors une période d’entretiens avec les maçons de l’obédience voulue, qui seront chargés de décider ou non si la requête est adressée à la bonne loge et si elle répond au mieux aux attentes de celui qui désire entrer en maçonnerie.


Si ces entretiens s’avèrent concluants pour les deux partis alors le candidat prend part à une cérémonie initiatique à la fin de laquelle lui est conféré le titre « d’apprenti », qui sera progressivement amené à être « compagnon » puis « maître ».


Et les femmes dans tout ça ?

L’adhésion des femmes aux loges maçonniques est un sujet à part entière, puisqu’encore une fois ce phénomène témoigne de l’évolution de l’importance des rôles sociaux qui leurs sont progressivement acquis. Néanmoins il serait mal réfléchi, je le crois, de ne pas aborder la question. Ce faisant il faut retenir que l’initiation s’est faite, elle-aussi progressivement et d’une manière que l’on pourrait presque qualifier « d’éparse ». La première femme à devenir maçonne fut Elisabeth Aldworth, issue de la noblesse irlandaise, elle fut découverte en train d’espionner la réunion de la loge N°44, qui lui laissa le choix suivant : être initiée ou mourir, bien que cette version quelque peu romanesque puisse être remise en cause.


S’en suit un 18ème siècle durant lequel les loges réaffirment leur volonté de ne pas accueillir de femmes en leurs rangs, durant sa première moitié du moins, puisque à l’orée des années 1775 est mise en place une organisation des différentes loges dites « d’adoption », c’est-à-dire destinée aux femmes, autour du Grand Orient de France.


La seconde figure importante dans l’histoire de l’ouverture de la franc-maçonnerie aux femmes est très certainement Maria Deraismes, journaliste et féministe française, qui créera, en 1893 au côté du franc-maçon Georges Martin, l’ordre maçonnique du Droit Humain, qui se veut mixte et international.


De nos jours, une femme cherchant à devenir franc-maçonne le peut en intégrant une obédience mixte ou exclusivement féminine, telle la Grande Loge féminine de Memphis-Misraïm.


Ce faisant les femmes occupent elles aussi un rôle important dans l’aventure franc-maçonne.


Bref, retenons au moins que ce ne sont pas des aliens nazis.


Source image : Astrosurf

TØM