La genèse des tensions Iran-USA


Source : Les Echos


Actuellement très médiatisées, les tensions entre Etats-Unis et Iran, qui sont intervenues au tout début du mois de janvier 2020, sont la conséquence d'anciennes tensions qui remontent au début des années 1980. Nous allons d'abord rappeler ce qui s'est passé il y a quelques mois, avant d’en expliquer les origines. Le 1er janvier 2020, des Irakiens pro-iraniens attaquent l'ambassade américaine de Bagdad. Dans la nuit du 2 au 3 Janvier, les Etats-Unis réagissent en assassinant le numéro deux du régime iranien, le général Soleimani, grâce à des frappes de drones américains à la sortie de l'aéroport de Bagdad. Vingt-quatre heures plus tard, le 4 janvier, les forces iraniennes annoncent avoir lancé des roquettes contre une base américaine située en Irak. La maison blanche annonce que 3500 soldats seront déployées dans les heures qui suivent. Le lendemain, le ministre des affaires étrangères iranien annonce avoir porté plainte auprès du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour « violations à la souveraineté de l'Irak ». Ce qui est très frappant dans cette plainte c'est que ce n'est pas le gouvernement Irakien a avoir porté plainte mais bien les Iraniens. Dans la nuit du 7 au 8 janvier, l'Iran lance plusieurs missiles sur des bases américaines situées en Irak, en riposte à l'assassinat du général Soleimani. Les Etats-Unis prendront de lourdes sanctions économiques contre l'Iran.

Le récit

Tout commence en 1953 par le coup d'état en Iran orchestré par la CIA. Le Chah, roi du pays jusque là sans grand pouvoir, se place à la tête de la nation. En raison du soutien apporté par les Etats-Unis au Chah, les deux pays entament une période de coopération économique et militaire. Le Chah avait une perception du pouvoir très autocratique ; en 1975 il durcit son autorité en instaurant un régime de parti unique, en renforçant la censure, en durcissant les conditions des prisonniers politiques. En 1978, une révolution éclate. Deux grandes tendances s'opposent au Chah: la tendance religieuse extrémiste, anti-occidentale, et de l'autre coté une tendance libérale, démocratique et un peu pro-occidentale. Début janvier 1979, le Chah se réfugie aux Etats-Unis. Un homme va profiter du chaos, le chef religieux Khomeini, leader de l'opposition religieuse et intégriste. Avant de prendre définitivement le pouvoir en rassemblant le peuple iranien, Khomeini décide de nommer au poste de premier ministre le leader de l'autre groupe révolutionnaire, Mehdi Bazargan. Ce premier ministre veut garder des liens avec les Etats-Unis.


Le début des tensions

Le 4 novembre de la même année, 52 personnalités diplomatiques de l'ambassade des Etats-Unis en Iran sont prises en otage par des centaines d'étudiants partisans et gardiens de la révolution islamique. Ils disent qu'ils ne libéreront les otages que si les Etats-Unis leur livre le Chah. Ces étudiants demandent à Khomeini de les soutenir, ce qu'il accepte. Les auteurs de la prise d'otage, après s'être emparés de l'ambassade, y trouvent des documents compromettants mettant en cause le rapport entre les Etats-Unis et l'autre groupe révolutionnaire, celui des libéraux, sachant que l'un des buts de la révolution était de libérer l'Iran du "contrôle" que les Etats-Unis y opéraient. Ces révélations sont très mal appréciées par la population. Barzagan démissionne. Peu de temps après, grâce à la nouvelle constitution mise en place, Khomeini est nommé Guide suprême, ce qui veut dire qu'il sera chef politique et religieux du pays jusqu'à la fin de ses jours. Cet événement marque la fin des rapports de l'Iran avec les Etats-Unis. Deux ans plus tard, en 1981, les deux pays arrivent à un accord, les Iraniens libèrent les otages après les avoir détenus pendant 444 jours et les Etats-Unis restituent les biens du Chah (mort entre temps) à l'Iran et permettent le dégel des avoirs iraniens. Mais, cette prise d'otages est encore bien présente dans les esprits américains et c'est notamment cet événement qui est à l'origine des tensions entre les deux pays.


Sources : Libération, Le Monde, Wikipedia

Balthazar M

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