La politique de vaccination



La vaccination contre la Covid est le prochain tournant majeur dans la lutte contre la pandémie. S’il est efficace, il mettrait fin à des mois de confinements, de couvres feu, de restrictions, de masques de « privation de la liberté » comme dirait nombre de français. Il réduirait la sévérité des symptômes et donc le nombre de mort. Mais comment s’organiser pour une population de plus de 67 millions, en hexagone et outre-mer ? Qui vacciner en premier et quels vaccins sélectionnés ? Comment la France va s’approvisionner ?


Qui vacciner en premier ?

La stratégie de vaccination est élaborée par la HAS, la Haute Autorité de Santé. Son dernier rapport date du 30 novembre et précise les recommandations de son rapport de juillet. Premièrement, la vaccination ne sera pas obligatoire (afin de respecter le choix des français) et gratuite, pour qu’aucun français ne renonce à se faire vacciner pour des raisons financières, comme l’a annoncé le président. L’ordre des vaccinations sera le suivant :


- 1ère étape : à partir de début janvier, les personnes âgées résidents dans des établissements tels que les EHPAD ou USLD ainsi que les personnels exerçants dans des établissement accueillant des personnes âgées et présentant des risques. Cela constitue à peu près 1 millions de français.


- 2ème étape : entre février et mars 2021 et selon les autorisations de mises sur le marché et les livraisons de vaccins. Dans un premier temps les personnes âgées de plus de 75 ans vivant à domicile, puis les personnes âgées de 65 à 74 ans, et enfin et surtout, les professionnels du secteur de la santé ou du médico-social âgés de 50 ans ou plus et/ou présentant des vulnérabilités. Cela devrait représenter à peu près 14 millions de français.


- 3ème étape : au cours du 3ème trimestre de 2021, les personnes entre 50 ans et 64 ans, les professionnels des secteurs essentiels, et enfin le reste de la population.


Le vaccin, pour l’instant, réduit la sévérité des symptômes et non la contagiosité, il faudra donc continuer à porter un masque même une fois vacciné. Il n’y aura donc pas de restrictions de circulation pour les personnes non vaccinées.


Quels vaccins sélectionnés ?

Il existe à l’heure actuelle plus de 200 vaccins en cours de développement, à des stades très différents les uns des autres. Au stade III, stade final des essais cliniques sur l’Homme, après plusieurs dizaines de milliers de personnes vaccinées, les laboratoires soumettent un dossier aux autorités de régulations (en Europe, l’EMA, Agence Européenne du médicaments). 11 laboratoires sont au stade final du développement du vaccin. Aujourd’hui, 4 vaccins sont en cours d’évaluation par l’EMA, celui des laboratoires d’AstraZeneca, de BioNTech-Pfizer, de Moderna et de Janssen.


Une fois que le vaccin a reçu l’autorisation de mise sur le marché (délivré par l’EMA et la commission européenne), la commission technique des vaccinations (qui fait partie de la HAS) constitue un rapport. Ce rapport comprendra les effets secondaires indésirables, les données d’efficacité et les données pour sous-groupe de vaccination (ce qui permet de mieux cibler la population en fonction du vaccin).


Comment la France va-t-elle s’approvisionner en vaccin ?

Afin d’éviter le « premier arrivé, premier servi », la France a conclu avec ses voisins européens d’acheter ensemble les vaccins pour éviter une « concurrence inutile et contre-productive ». Ainsi, la France aura à disposition 200 millions, permettant de vacciner plus de 100 millions, ce qui est largement au-dessus des besoins, mais reste tout de même une mesure préventive. Aujourd’hui, six contrats sont validés, avec AstraZeneca, Sanofi-GSK et Janssen (J&J), BioNTech-Pfizer et Moderna, CureVac. Parmi ces six contrats, on y trouve trois technologies différentes (trop complexes à expliquer et pas forcément des plus passionnantes). Les contrats sont signés ou en cours de négociations.


Mais comment sont financés ces millions de vaccins ? Grâce à des moyens européens, le fond ESI (Instrument d’Aide d’Urgence) qui va servir à préfinancer les vaccins. Si les vaccins échouent, les laboratoires devront rembourser la somme, mais s’ils marchent, alors la France paiera aux laboratoire la totalité de la somme, moins l’acompte avancé par l’UE.

A priori, les vaccins seront disponibles à partir du 29 décembre, mais ce n’est pas sûr. Suite à la décision européenne qui validerait ces vaccins, c’est à l’autorité sanitaire française (plus précisément la HAS), de se prononcer. Cela constitue « une garantie indispensable avant de commencer la vaccination en France ».


Vous l’aurez compris, l’élaboration, l’acquisition et la distribution d’un vaccin n’est pas des plus simples. C’est un procédé qui prend du temps. La politique de vaccination française est donc critiquée, pour différentes raisons tournant principalement autour de l’ordre d’administration. « Pourquoi serait-ce aux personnes âgées de « tester » le vaccin en premier, certes elles en ont besoin, mais imaginez qu’ils soient néfastes » ou alors « pourquoi les politiques seraient prioritaires ». Certaines personnes (politiques ou non) y ont répondu. Premièrement, les vaccins ont déjà été testés sur des milliers de personnes, et tout le monde a le droit de refuser de se faire vacciner. Et deuxièmement, les politiques ne représentent pas non plus une part énorme de la population, ce qui ne devrait pas poser problème aux personnes prioritaires. Cependant, suite aux tests positifs de Macron, une grande majorité des dirigeants politiques de plusieurs pays ont donc été déclaré cas contact. Cependant l’Union Européenne s’est bien débrouillée pour s’organiser dans l’acquisition des vaccins, sans que ce soit la guerre entre pays européens.


Source image : France Info

Paul M.

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