La situation actuelle de la Biélorussie


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Cela fait 3 semaines que des milliers de manifestants de Biélorussie luttent et protestent contre le gouvernement biélorusse et son président. Zoom et décryptage sur la situation critique de la Biélorussie.


Le 29 août 2020 Alexandre Loukachenko, président depuis 26 ans est réélu à plus de 80 % des voix. Mais ces chiffres sont largement contestés par une grande partie des habitants biélorusses. En effet les votes ont été manipulés et de nombreux citoyens biélorusses affirment qu'ils n'ont pas pu aller voter. L'armée et la police, commandées par Alexandre Loukachenko, contrôlaient les bureaux de vote. Son opposante, Svetlana Tikhanovskaïa, dont le mari est emprisonné pour des raisons politiques, n'a eu que 10% des voix. Elle a alors dénoncé la présence de fraudes électorales et a accusé le président d'avoir ordonné de fausser les résultats. Suite à cela, par peur d'être emprisonné comme son mari, elle s'est réfugiée en Lituanie. Les manifestations ont alors éclaté principalement dans Minsk, la capitale du pays. Ces manifestants dont le signe est un drapeau blanc, rouge, blanc demandent le départ d'Alexandre Loukachenko, de nouvelles élections démocratiques et la libération de prisonniers condamnés pour des raisons politiques. La réélection illégitime de Loukachenko a été la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Arrivé au pouvoir le 20 juillet 1994 après la chute de l'empire soviétique, Loukachenko a été en quelque sorte le sauveur de la Biélorussie que le communisme avait presque réduit à néant. Il avait en effet réussi à plus ou moins sauver l'économie du pays contrairement aux autres pays de l'ex-URSS qui ont eu beaucoup de mal à se ressaisir. Appelé le dernier dictateur d'Europe, il a gouverné le pays d'une main de fer, en entretenant des relations économiques et amicales avec la Russie. Les violences policières font partie du quotidien des biélorusses. La liberté de presse lors de manifestations n'existe quasi pas : les journalistes sont particulièrement visés lors des assauts policiers. Pour illustrer la violence lors des manifestations : les policiers tirent la plupart du temps à balles réelles et non des balles de caoutchouc. Plusieurs personnes ont été tué et des centaines de manifestants ont été arrêtés. Les conditions de détention sont inhumaines car les prisons sont surchargées avec des arrestations très fréquentes et souvent illégitimes. Un grand nombre des opposants politiques d'Alexandre Loukachenko ont été arrêtés sans réel motif et sont aujourd'hui toujours emprisonnés. C'est pour ces raisons là que des milliers de citoyens biélorusses ont décidé de manifester dans les rues. Comme dit ci-dessus, ils veulent des changements concrets avec le départ immédiat de Loukachenko, la libération immédiate et sans condition des prisonniers politiques ainsi que de nouvelles élections démocratiques face à cela le président a réagi de façon très brutale : il a accusé les manifestants d'être des pro-Union européenne et pro-OTAN voulant faire de la Biélorussie un pays membre de l'UE alors qu'il entretient des relations économiques et politiques avec Vladimir Poutine. Il a aussi réagi en déployant l'armée pour contrer les manifestants et a envoyé des véhicules blindés de guerre à la frontière lituanienne. Il a même posté sur twitter une vidéo de lui, armé d'un fusil kalachnikov et portant un gilet pare-balles !


Face à cette escalade de violences, l'Union européenne a tenu un sommet pour savoir quelle attitude avoir. La réponse a été unanime : l'UE ne reconnaît pas les résultats des élections,  et Charles Michel, le président du conseil, a annoncé des sanctions pour plusieurs personnes du gouvernement biélorusse. À cela Le Kremlin a accusé l'Union européenne de vouloir faire d'une affaire intérieur une affaire géopolitique. Loukachenko, quant à lui a annoncé le renforcement militaire aux frontières en prétextant que les pays voisins fournissaient des armes pour alimenter les émeutes. On a donc deux camps : d'un côté Loukachenko qui veut rester au pouvoir et la Russie qui est le principal allié militaire et économique du pays, et d'un autre côté le peuple biélorusse qui veut des changements politiques, soutenu par l'entièreté de l'Union européenne.


Ce conflit ne cesse de prendre de l'ampleur et ni les manifestants ni Loukachenko ne sont prêts de céder aux différentes pression.


Et toi que penses-tu de la situation de la Biélorussie ? L'UE a-t-elle un rôle à jouer dans ce conflit ? Donne ton avis dans les commentaires ou dans l'espace débat.

Augustin B.