Le conflit Israélo-palestinien expliqué


Source : Toute l'Europe


Le conflit Israélo-palestinien est un conflit politique et religieux aux implications mondiales et centenaire selon le début que l’on lui choisit. Essayons ensemble de comprendre la genèse, le déroulement et les implications passées et actuelles de ce conflit qui divise.


La genèse du conflit

Tout commence durant la 1ère Guerre Mondiale. En 1916 et 1917, les anglais, afin de déstabiliser l’Empire Ottoman, font diverses promesses. Notamment, la promesse de l’indépendance aux peuples Arabes et la promesse de la création d’un foyer national Juif en Terre Sainte par la déclaration de Balfour de 1917. Ces promesses contradictoires sont le début d’un conflit sans précédent. Les deux Guerres Mondiales vont entraîner la création d’une dynamique migratoire juive vers la Palestine. En effet, dès l’arrivée des nazis aux pouvoirs en Allemagne, les juifs sont victimes d’une politique répressive. Cette migration va créer des tensions avec les Arabes de Palestine, l’Angleterre qui est progressivement dépassée par les tensions, va commencer son retrait de la zone. C’est l’ONU qui prendra alors le relai et proposera de diviser la zone en deux états et de faire de Jérusalem une terre internationale. Ce projet fut accepté par les sionistes mais refusé par les arabes Palestiniens. Cela entraîna une guerre civile entre les deux communautés.


Le déroulement du conflit

La Ligue Arabe, composée de milliers de volontaires, est créée pour affronter les juifs. En réaction, les juifs forment les populations aux combats et envoient des agents négocier des contrats d’armement en Europe. Dès le retrait total des Anglais de la zone, les juifs déclarent l’indépendance de l’État d’Israël, ce qui entraîne la déclaration de guerre de la Ligue Arabe. Finalement, Israël prend le dessus dans les affrontements et l’armistice est signé, les juifs récupèrent de nouvelles terres dont l’Ouest de Jérusalem. Ce premier conflit a entraîné le déplacement de nombre de populations dont plus de 700 000 Arabes. Et l’exode forcé et massif des communautés juives en terres arabes vers Israël et l’Europe.

En 1967, Israël déclare la guerre à l’Égypte, la Jordanie et la Syrie suite à des tensions avec ces nations. Elle triomphe dans ce qu’on appelle la Guerre des 6 jours et s’empare de plusieurs territoires dont la Cisjordanie. Suite à cette victoire, Israël commence la colonisation et les colons israéliens s’installent en terres palestiniennes. L’ONU adopte la résolution 242 qui condamne l’occupation israélienne.

En 1973, l’Égypte et la Syrie lancent conjointement une attaque surprise qui met momentanément l’armée israélienne en déroute. Mais, le climat de Guerre Froide dans lequel le monde est plongé met en avant l’aspect géopolitique internationale du conflit car l’URSS et les pays arabes soutiennent l’offensive et les U.S.A soutiennent Israël et envoient près de 22 000 tonnes d’armement par avions. Cela retourne le cours de la guerre et permet à Israël de repousser encore un peu plus ses frontières. L'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) après un cessez le feu, décide de sanctionner les alliés d’Israël et augmentent le prix du baril et la diminution de la production. Le premier choc pétrolier voit le jour.

Suite à cela, Israël est sous pression internationale et est contrainte de céder une partie de son territoire. Elle garde cependant le contrôle des territoires Palestiniens et la colonisation s’accélère surtout à Jérusalem-Est.

En 1980, Israël proclame Jérusalem comme capitale indivisible. Les tensions en Cisjordanie explosent et la répartition des ressources, notamment l’eau, devient encore plus inégale. En 1987, la révolte des populations palestiniennes commence, elles sortent dans les rues, armées de pierres en majorité. C’est le début de la première Intifada « soulèvement » en Arabe. Les violences augmentent autant localement, avec la création du Hamas, un mouvement islamiste palestinien, qui combat Israël, qu’avec des actions terroristes dans le monde, par exemple la prise en otage et l’assassinat de sportifs israéliens aux J.O de Munich. L'Organisation de Libération de la Palestine (O.L.P), créée en 1964 et exilée à Alger, proclame l’indépendance de l’État de Palestine. Jérusalem en est aussi la capitale. La Palestine est alors reconnue par 136 états.


Une paix fragile

En 1993, un premier accord est signé, il prévoit une reconnaissance mutuelle entre Israël et l’O.L.P, et l’autodétermination de la bande de Gaza et de Jéricho dans un premier temps. Suite à cet accord en 1995, un partage de la Cisjordanie est signé avec la création de zones sous contrôle palestinien, d’autres sous contrôle israélien et de zones mixtes. Mais, des sujets difficiles mettent à mal ces accords car les États n’arrivent pas à s’entendre sur des sujets comme le statut de Jérusalem ou celui du retour des populations arabes palestiniennes réfugiées. Cela entraîne l’échec des négociations et les violences reprennent alors de plus belles.

En 2000, commence la seconde Intifada avec la suite d’attentats suicides. Israël débute la construction d’un mur destiné à la protégée, mais en profite pour empiéter sur la Cisjordanie. En 2004, le mur est déclaré par la cour internationale de Justice. Pour calmer les tensions, Israël se retire totalement de la Bande de Gaza.

En 2007, le Hamas prend le contrôle total de la bande de Gaza, en réaction Israël met en place un blocus. Le Hamas en représailles tire des roquettes en terres israéliennes. S’enchaîne une suite d’affrontements jusqu’en 2014 où l’aviation israélienne détruit 50 000 maisons, près de 100 écoles, une dizaine d’hôpitaux et la seule et unique centrale électrique. Les populations coincées dans l’enclave se retrouvent en situation de désastre humanitaire. Aujourd’hui, la situation reste complexe et la paix difficile à trouver. D’une part la Cisjordanie est morcelée entre villes, villages et plus de 150 colonies. D’autre part Jérusalem est considérée comme leur capitale par les deux pays. De plus, les États-Unis ayant envenimé la situation malgré les condamnations de l’ONU, ont compliqué le processus de paix qui semble de plus en plus inaccessible, en effet les deux États se sont radicalisés et les discussions en sont plus compliquées.


Théo Stipa

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