Le plafond de verre


Source image : Profession Spectrale


Apparue dans les années 70 aux Etats Unis, âge d’or du féminisme radical, l’expression « plafond de verre » désigne le fait, que dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes. A l’occasion d’un renouveau du féminisme avec notamment les mouvements “Me Too”; “Time’s up” ou encore “balance ton porc”, cette métaphore met en lumière un problème sociétal : l'inégalité des sexes face au monde du travail.


Si en France, la place réservée aux femmes dans le monde du travail est plus importante qu'il y a quelques années, de trop nombreuses injustices subsistent malgré des législations nationales et européennes. Cela s’explique notamment par des mentalités difficiles à faire évoluer par ce type de régulation.


En effet, les femmes gagnent en moyenne 16% de moins que les hommes à compétences égales, si l'on considère le travail à temps plein. Les chiffres s’élèvent à 24% en moyenne pour un temps partiel.


Ajoutons à cela que les femmes ont moins facilement accès à des postes plus élevés, occupés par des hommes – avec les salaires qui leur correspondent –. Il y a un réel retard dans les carrières que les grossesses ne suffisent pas à justifier. En réalité ceci est également le fruit d’un long processus de socialisation qui passe tant par les stéréotypes du quotidien que par l’éducation.


En témoignent les parcours scolaires des filles et des garçons. A tous les niveaux de formation, les filles obtiennent de meilleurs résultats scolaires que les garçons (31,3% des femmes de 25 à 34 ans ont un diplôme post bac pour 26,4% d'hommes). Pourtant, du fait des stéréotypes, modèles et critiques auxquelles la société les confronte depuis l’enfance, elles demeurent moins nombreuses dans les filières scientifiques souvent considérées comme élitistes et conduisant à des métiers socialement valorisés.


Mais ce déséquilibre s’immisce aussi dans le temps familial, les femmes accomplissent en moyenne 71% des tâches ménagères et parentales, soit 4h38 par jour contre 2h26 pour les hommes. Les inégalités sont criantes.


A ce jour il semble nécessaire de repenser l’organisation du travail car ces inégalités, en touchant les femmes, atteignent également la cellule familiale, unité de base de la société. Si cette dernière est dysfonctionnelle c’est toute la structure de la société qui s’en retrouve affectée. Prendre en compte ces dimensions est un nouveau défi du féminisme afin de faire entrer ces problématiques dans la sphère publique et l’agenda politique.


Sources : l’Éléphant, Libération, Journal des Femmes, Observatoire des Inégalités


Chirine Naâmane