Les intérêts chinois à aider les pays touchés par le Covid-19


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Ces dernières semaines, nous avons pu constater un fort engagement de la Chine dans l’aide aux pays touchés par la pandémie du COVID-19. Alors derrière ces aides, appréciées par la communauté internationale, que cache le gouvernement de Xi-Jinping et le parti communiste chinois (PCC) ?


Un «coup de com» sans précédent

L’utilisation de la diplomatie sanitaire comme outil d’influence ne date pas d’hier. Il est né, pour les chinois, en 1963 lorsqu’une équipe médicale fût envoyée en Algérie afin de multiplier ses relations diplomatiques en Afrique, au détriment de Taipei. Située au large de la Chine, cette île multipliait les tensions avec la république populaire de Chine (RPC), un conflit armé avait même éclaté dans le détroit de Taiwan quelques années plus tôt. Ainsi, la diplomatie sanitaire devint un outil diplomatique parmi d’autres. L’épidémie d’Ébola marque en 2014 une montée en puissance de l’engagement chinois dans l’aide au traitement des épidémies avec 150 milliards de dollars de contribution financière (soit plus que la France ou le Japon) et près de 1200 personnels mobilisés. Aujourd’hui, la Chine s’offre une forte couverture médiatique du fait de ses multiples dons et aides adressés aux différents pays et aux organisations internationales. On peut notamment citer ce don de 20 millions de dollars à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’envoi d’experts médicaux en Iran et en Italie, la construction d’un laboratoire en Irak ou encore l’acheminement d’équipements médicaux vers le Pakistan ou la France ainsi que des tests diagnostiques en direction des Philippines. La Chine souhaite ainsi montrer son exemplarité et faire oublier ses erreurs d’ingérences entre autres en récrivant en partie l’Histoire tel qu’il est possible de le constater à travers la lecture d’une tribune publiée le 24 mars 2020 dans Le Quotidien du Peuple (l’organe de presse officiel du PCC) : « la Chine a, de manière ouverte, transparente et responsable, informé toutes les parties de l’épidémie en temps utiles et a travaillé en étroite collaboration avec l’OMS et les pays concernés ». Pékin ayant été conscient du risque de transmission interhumaine du virus dès la fin du mois de décembre sans avoir prévenu l’OMS et ayant fait taire le médecin qui a alerté le gouvernement du virus, cette phrase parait donc déplacée. « La responsabilité de grande puissance » évoqué dans la tribune montre encore une fois la création d’un nouveau récit de la crise par le gouvernement chinois essayant de dressée une image « héroïque » de la Chine.


Une amélioration de son image

Les tensions sino-américaines (Chine–États-Unis) ont fortement détruit l’image de la Chine à l’étranger et une guerre commerciale et technologique a débuté entre ces deux pays. Ainsi, grâce à « ce coup de com. », la Chine souhaite voir son image remonter, remplaçant les États-Unis, actuellement dans une politique nationaliste avec l’administration Trump et en proie au virus, dans le rôle de gendarme du monde qui vient en aide aux autres pays. Pékin, par ses nombreux dons, porte ainsi un coup dur à Washington en les décrédibilisant. De ce fait, la Chine souhaite aussi que ses relations commerciales s’améliorent avec de nombreux pays qui, auparavant, étaient plutôt sous l’emprise des États-Unis.


Des intérêts économiques

Le projet « nouvelle route de la soie » présenté en 2015 a fait l’objet d’un léger ajout lorsque la Commission nationale a présenté un plan triennal (2015-2017) dit « d’échange et de coopération en matière de santé le long de la Ceinture et de la Route [de la soie] » De ce fait, la Chine affiche clairement ses ambitions et fait le lien entre Route de la soie et santé publique. Le pays souhaite établir une coopération sanitaire avec les pays participants à son projet, accroitre son influence dans la gouvernance sanitaire et aider la médecine traditionnelle chinoise (MTC) à se mondialiser. La médecine traditionnelle chinoise repose sur deux fondements, l’observation du vivant, et l’étude du corps et de l’esprit dans leur ensemble, la MTC consiste à soigner les futurs malades avant qu’ils ne tombent malades et ce, sans médicaments. Ainsi dans le chapitre 26 du plan triennal est exprimé la volonté de « renforcer les échanges et la coopération international dans le domaine de la MTC ». Lors d’une visite au siège de l’ONU en 2017, le président chinois passe par l’OMS où il signe un protocole d’accord (MoU) avec l’organisation qui promeut la sécurité sanitaire le long des Routes de la soie. De ce fait, il veut profiter du COVID-19 pour promouvoir son projet de Route de la soie en y incorporant une partie sanitaire. De plus, cette crise profite aux entreprises chinoises dans le domaine sanitaire et même technologique avec Huawei qui propose aux hôpitaux un système de communication fonctionnant sur… la 5G.


L’expansionnisme communiste

Exporter le parti politique à l’internationale en vantant leur gestion de la crise, c’est un phénomène déjà observé avec le parti communiste en URSS qui avait profité de la seconde guerre mondiale pour imposer leur modèle à certains pays, profitant notamment d’un semblant de légitimité puisqu’il les avait « débarrassés » des nazis. Cependant cet expansionnisme a été rapidement compris et le président Truman avait répliqué avec le plan Marshall qui avait pour but de subventionner la reconstruction des villes européennes en échange du même montant d’importation de produits américains dans le pays, annonçant ce qui était les prémices de la guerre froide. On peut voir ici un scénario comparable, la gestion de la Chine par le PCC est légitime puisqu’elle a réussi à combattre le virus, employant des moyens inédits en des temps records, là où les occidentaux peinent à maitriser le virus comme l’a fait remarquer l’ambassadeur de Chine en France dans un tweet : « Les pays asiatiques, dont la Chine, ont été particulièrement performants dans leur lutte contre le Covid-19 parce qu’ils ont ce sens de la collectivité et du civisme qui fait défaut aux démocraties occidentales. » On peut donc se demander si la Chine, derrière son visage conciliant de nation modèle, ne souhaiterait pas imposer sa vision politique, profitant cette fois d’un manque de capacité des États-Unis quant à une potentielle riposte. « Ainsi, quand bien même la Chine serait aussi efficace qu’eux contre l’épidémie, elle fait face à une difficulté de 10 fois à 100 fois supérieure. Gouverner si bien, et même mieux que d’autres pays, une nation aussi immense sans un bon régime est absolument inimaginable. » « Certaines personnes, dans le fond, sont très admiratives des succès de la gouvernance chinoise. Ils envient l’efficacité de notre système politique et haïssent l’incapacité de leur propre pays à faire aussi bien ! » ces deux tweets de l’ambassade de Chine en France montrent bien que le parti communiste souhaite s’expanser en vantant sa capacité à faire face au virus, la dernière phrase est certainement la plus révélatrice de cette ambition.


Conclusion

On a donc pu voir que la Chine a tout intérêt à aider la communauté internationale dans la gestion de la crise. Certains pourraient même se demander si la Chine n’avait pas créé le virus et fait taire le médecin exprès afin que le virus se transmette et ainsi montrer leurs capacités et vendre la Route de la soie. Des groupes de recherches ont été créés et pour l’instant aucun rapport officiel démontrant l’implication des chinois dans la création de ce virus n’a été publié. Alors, pur hasard dont la Chine souhaite tirer profit ou théorie du complot ? Partagez-nous votre avis dans l’espace débat ou commentaire, ça nous intéresse !


Sources :

Fondation de la recherche stratégique

Twitter de l’ambassade de Chine

Le JDD


Alexandre Gge

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