Nouveaux partis, fin du clivage gauche-droite ?



L’avenir du clivage traditionnel gauche-droite français est depuis plusieurs années très souvent le sujet de débats et d’interrogations. A travers cet article, nous allons montrer quelles sont les origines de ce clivage, montrer pourquoi certains pensent qu’il est voué à disparaître, donner des exemples précis, donner des avis différents de plusieurs spécialistes, et enfin, je conclurais en vous donnant mon opinion sur ce sujet. Nous allons ainsi étudier ce sujet politique et sociétal assez complexe afin de vous donner le plus de réponses possibles.


En France la notion de séparation de la droite et de la gauche, autrement appelé clivage gauche-droite, est apparu en septembre 1789, deux mois après la prise symbolique de la Bastille, qui représente le début de la Révolution.


En effet, alors que les partisans de la Révolution discutaient sur la Constitution et ses articles ainsi que sur l’existence ou non d’un veto absolu que le roi pourrait avoir pour s’opposer aux lois de l’Assemblée, les personnes étant favorables à ce veto, et de manière générale opposées à une république, mais pour une monarchie parlementaire, avaient pour habitude de siéger à droite du président de l’Assemblée, tandis que les personnes opposées à ce veto et antimonarchiques siégeaient à gauche du président.


Ainsi cette appellation de gauche-droite a pour origine des emplacements de sièges. Aujourd’hui encore, et dans un grand nombre de pays on observe ces placements dans les assemblées. Ce clivage s’est plus ou moins conservé à travers les deux siècles qui séparent la Révolution de notre Vème République.


Après des débuts sans trop de clivage avec Charles de Gaulle au pouvoir, on a rapidement eu au second tour des élections présidentielles un candidat de gauche affrontant un candidat de droite. En effet de 1974 jusqu’en 2012, excepté en 2002 où la droite affrontait l’extrême-droite, les Français ont élu pour le second tour un membre du Parti Socialiste ou équivalent et un membre de l’UMP ou équivalent. Pendant une quarantaine d’année le clivage gauche-droite est resté de manière dominante aux présidentielle et aux législatives.


Les élections de 2017 ont été un réel changement pour la vie politique de la France. Après un quinquennat qui a été désastreux pour un grand nombre de français, François Hollande avait signé l’arrêt de mort de son parti, le PS. De plus une majorité de français se lassaient des partis traditionnels tels que le PS ou LR. Il y avait une sorte de déception de la part des français envers ces partis. De plus en plus de personnes se sentaient trahis par les dirigeants des partis qui, une fois au pouvoir n’exerçaient non pas une politique axée en fonction de leur bord idéologique, mais une politique qui les arrangeait ; ainsi on a parfois vu des politiciens de gauche prendre des décisions de droites et inversement. En conséquence, une majorité du peuple français ne mettait plus sa confiance dans les partis traditionnels et avait besoin de renouveau. En effet on a assisté à de gros chamboulement durant la campagne des différents candidats. Premièrement, nous avons l’arrivée d’Emmanuel Macron avec son parti En Marche. Emmanuel Macron qui se déclare comme n’étant « ni de droite ni de gauche » a voulu révolutionner la vie politique en proposant un système bien différent par un changement des clivages traditionnels que nous connaissons depuis la Révolution de 1789. Comme Charles de Gaulle, il souhaitait une réunification des Français, tout en ne s’identifiant pas sur l’échiquier politique. Lui-même s’est exprimé sur sa volonté : « Les Français ont exprimé leur désir de renouvellement. Notre logique est désormais celle du rassemblement. ». Le nom « révolution », mot clé de sa campagne, nous éclaire bien quant à son ambition de montrer aux citoyens qu’il peut leur donner satisfaction en changeant le système dit de « l’échiquier politique », ce, en réunifiant tous les français. Deuxièmement, on assiste à la montée en puissance de deux partis complètement opposés que sont La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et le Front National, maintenant rebaptisé Rassemblement national, de Marine le Pen. Or pendant sa campagne, Jean-Luc Mélenchon n’a jamais fait mention comme étant un parti de gauche. De même pour Marine le Pen qui, comme Emmanuel Macron, a dit qu’elle n’était ni de droite ni de gauche. Bien entendu La France insoumise et le Front National sont facilement identifiables sur l’échiquier politique ; LFI étant un parti radical gauche, d’extrême gauche, et le FN un parti d’extrême-droite.


Mais au-delà de ça, il y a une volonté de montrer aux français que ce n’est pas la gauche ou la droite qui les définissent, mais le souhait de bien diriger la nation. Ci-dessous un tableau qui résume bien la décadence et la monté des différents partis entre le premier tour des élections présidentielles de 2012 et celles de 2017. Les élections présidentielles de 2017 ont donc été un gros coup dur pour le clivage gauche-droite.



En octobre 2018 apparaît le mouvement des gilets jaunes, figure emblématique de l’anti-macronisme. Au départ réunis pour bloquer les routes dans le but de protester contre la hausse des prix, et de manière générale contre selon eux les inégalités du système français, ce mouvement a très vite pris un tournent politique. En effet plusieurs personnalités et partis se sont approprié le mouvement, en particulier Mélenchon et le Pen, encore une fois complètement opposés. Avec cette lutte est apparue une autre sorte de clivage : un clivage de société, c’est-à-dire un clivage où deux camps s’affrontent : les pro-macron et les anti-macron, réunis dans les gilets jaunes. Dans un tel clivage, la droite et la gauche n’ont plus beaucoup de sens. C’est pourquoi dans une même lutte, un même mouvement, on a vu des français issus de toutes classes politiques manifester et protester ensemble. De plus, même si cela est un peu passé et ancien, plusieurs figures du mouvement telles que Ingrid Levaseur et Éric Drouet souhaitaient fonder un parti gilets jaunes ne prenant pas en compte le système gauche-droite, mais uniquement les revendications des manifestants. Aujourd’hui ce projet est plus ou moins abandonné.


Avec les différentes crises que sont les gilets-jaunes, la manifestation pour les retraites, le coronavirus et le mouvement Black Lives Matter, qui ont traversé le quinquennat d’Emmanuel Macron, le gouvernement redoute pour les présidentielles de 2022 des candidatures de personnalités leaders de mouvements sociaux.


Ainsi une star de la télé-réalité, Afida Turner, a déjà annoncé sa participation à la course électorale. De même pour l’humoriste Jean-Marie Bigard qui par un poste Instagram n’a pas exclu une possible candidature (depuis abandonnée).


Ainsi on pourrait avoir le professeur Didier Raoult, le journaliste et chroniqueur Éric Zemmour, Cyril Hanouna ou encore la militante Assa Traoré. En effet ces personnalités sont très suivies et beaucoup de citoyens mettent plus de confiance en eux qu’en de nombreux politiciens. Le risque de telles candidatures serait simplement la fin totale du clivage gauche-droite, car en effet chacune de ces personnalités renvoient à une lutte sociale et non à un parti définit sur l’échiquier politique. Même si tout cela n’est que des prévisions, les présidentielles de 2022 risquent de nous donner des surprises.

Avec les différents points que nous nous venons de citer, pour beaucoup, l’avenir du clivage gauche-droite est tout tracé : il est voué à disparaître dans quelques années.


Toutefois pour certains spécialistes, tel que le politologue Nicolas Sauger, professeur à Sciences Po, et auteur de “Gauche – droite : quels clivages aujourd’hui ? Problèmes politiques et Sociaux.”, le clivage que la France connaît depuis la Révolution, bien qu’en mauvaise posture, va tôt ou tard renaître et que pour l’instant il résiste plutôt bien aux nouveaux partis qui ne se définissent pas sur l’échiquier.

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Source image : Votons.info

Augustin B.