Polémique George Floyd : le début d'une révolte ?


Source image : Le Parisien


Depuis le 25 Mai une polémique embrase le monde, sommes-nous tous racistes ? Nous vous donnerons avec Montaigne, notre avis sur le sujet la semaine prochaine. Mais avant ça nous avons trouvé nécessaire de vous expliquer sans opinion ce qui se passe réellement dans le monde aujourd’hui. 


25 mai 20h00 « I can’t breath » (Je ne peux pas respirer)

George Floyd, un noir américain de Minneapolis est dans sa voiture. Il vient se rendre acheter des cigarettes, mais la supérette le suspectant d’avoir utilisé un faux billet, appelle le 911.

L’interpellation se fait alors que George Floyd est dans sa voiture, après quelques minutes les policiers le font sortir de sa voiture et l’emmènent devant un restaurant où ils l’assoient par terre. Une deuxième équipe arrive alors, et le policier Derek Chauvin le plaque au sol avec un genou sur le cou. Pendant près de dix minutes, il le regardera mourir doucement sans jamais se détacher de sa position, pendant près de dix minutes, George Floyd le suppliera d’arrêter.

Sa dernière phrase avant sa mort sera « I can’t breath »

Durant ces dix minutes, des gens tenteront d’arrêter le policier, en vain. Après 2 minutes d’immobilité durant lesquelles le policier continuera à maintenir sa pression, George Floyd fut transporté à l’Hôpital où il sera déclaré mort.


26 mai « la genèse d’une guerre civile ? »

Après la mort de George Floyd dans la nuit du 25 mai, le maire de Minneapolis annonce sur Tweeter le licenciement immédiat des agents responsables de ce meurtre cruel. Cette annonce ne suffit pas et les premières manifestations ont lieu à Minneapolis, ainsi que les premiers affrontements avec la police et un premier commissariat est attaqué.


27 mai « Une affaire qui se nationalise ? »

Le président américain Donald Trump utilise son outil de communication préféré et annonce sur Tweeter l’ouverture d’une enquête par le FBI. Il rend aussi hommage à la famille de George Floyd. Les affrontements se poursuivent et Minneapolis connait une seconde nuit à feu et à sang, un premier décès est déclaré en marge d’une manifestation (un civil non manifestant). D’autres rassemblements ont lieu dans tout le pays.


28 mai « l’armée entre en jeu »

Troisième nuit de combat, un autre commissariat est incendié, des émeutes de plus en plus violentes avec de plus en plus de monde. Donald Trump fait une seconde déclaration, il permet au gouverneur du Minnesota d’avoir l’armée avec lui pour protéger sa population. Le mouvement n’est désormais plus considéré comme un hommage mais comme un déshonneur pour la mémoire de George Floyd selon le président américain.


29 mai « liberté bafouée »

Installation d’un couvre-feu à Minneapolis qui ne calme pas du tout les manifestants. Le policier Derek Chauvin est arrêté pour homicide involontaire. Outre la suppression de la liberté de circulation avec le couvre-feu, c’est l’arrestation d’une équipe de la chaîne d’information CNN qui fera grand bruit, vers une suppression des libertés de la presse ? À l’échelle nationale des rassemblements se font dans tous les pays jusqu’à devant la Maison Blanche. Donald Trump s’enferme dans un bunker par précaution.


30 mai et 31 mai « L’escalade des violences »

Un peu partout dans le pays, les affrontements sont de plus en plus violents. Le 31, Donald Trump affirme vouloir « stopper la violence collective » et accuse les partisans de gauche de se servir du mouvement pour entreprendre des actes qu’il qualifie de « terroristes ».


1 juin « Couvre-feu »

Plus de 40 villes installent un couvre-feu, 26 États font appel à la Garde nationale. Cependant, on voit aussi beaucoup de policiers qui se joignent aux manifestants, mettent un genou à terre, beaucoup de maires ont d’ailleurs déclaré que malgré la mise en place d’un couvre-feu, ils comprenaient la colère des manifestants. Dans la nuit, Donald Trump a menacé de déployer l’armée pour faire stopper les combats. L’autopsie de George Floyd montrant que sa mort était bien due à l’agression, a entraîné une augmentation des combats.


Nous écrivons cet article le 3 Juin, et l’incertitude mais aussi un climat d’incompréhension règnent aux États-Unis, d’un côté Trump veux faire sortir l’armée dans les rues, de l’autre côté, l’armée ne comprend pas la place qu’elle doit prendre dans ce conflit. D’un côté Trump pose avec une bible, de l’autre on le critique de vouloir se servir de cette crise à des fins politiques… Dans ce contexte assez étrange Montaigne va maintenant vous présenter quels sont les débouchés possibles de cette crise.


Le futur des manifestations aux États-Unis

Les deux débouchés : la guerre civile ou une révolte étouffée.

La révolte étouffée : cette possibilité est de loin la plus probable bien que le potentiel destructeur du peuple américain soit hors normes. Le 5e amendement procure des armes légalement à la quasi-totalité des habitants. On peut comparer la révolte actuelle aux « émeutes » de 2005 en France. Leur déclenchement est aussi relativement proche. L'attitude du gouvernement américain sur la condamnation des policiers diffère, quant à elle, énormément. La France étant maître en la matière, et m'y connaissant peu pour les autres pays, je vais continuer mes rapprochements avec la France. D'après les déclarations sur l’envoie de la Garde nationale et de l'armée, la répression est commune à celle de la Commune de Paris de 1871. Le contexte est cependant confus, révolutions mobiles la nuit et manifestations revendiquées pacifiques le jour. Les accusés sont les mêmes, les anarchistes. Un essoufflement spontané est aussi à craindre et le contexte de coronavirus est propice à cela. 1,5 million de personnes sont contaminées et le Gouvernement prend ça à la légère par rapport au reste du monde. Le climat est donc déjà plus que tendu à l’égard de la Maison Blanche. Une fois la crise sanitaire terminée, un arrêt certain des rassemblements est prévu. Mais d’après les informations que j’ai eu tout à l’heure, justice va normalement être faite grâce aux manifestations. Il a fallu des dégâts coûtants des millions et des morts au sein des 2 camps pour passer d’une impunité à une inculpation du tueur pour homicide involontaire, puis d’une inculpation pour homicide volontaire et complicité pour les autres policiers présents sur les lieux. Je pense donc que les manifestations seront à présent plus calmes.

La guerre civile : à l’inverse, si l’armée est déployée dans certains États des États-Unis, il y aura de lourds blessés le premier jour, et dans un seul camp vue les moyens de l’armée. Mais au deuxième jour, la réponse des manifestants sera bien plus forte que la répression militaire de la veille. Les armes seront sorties des maisons, et la guerre civile commencera. Les villes seront à feu et à sang, des dizaines de morts dans les deux camps seront à plaindre et une chute économique suivra. Des sièges d’entreprises pourront être attaqués, et des petites villes pourraient se voir autogérées par les manifestants. S’il se passe effectivement ça, les répercussions seront mondiales. Des pays dont le contexte est propice à la révolution suivront le pas des américains, mais l’armée la plus puissante du monde serait occupée en quasi-totalité chez elle, plusieurs pays dépendant de cette armée (positivement ou négativement) verront leur régime se bouleverser. Je n’ai hélas pas d’exemples concrets à l’appui, mais des pays du Moyen-Orient seraient directement impactés.


Baptiste Stipa & Montaigne