Septembre 2020, une rentrée très particulière...


Source image : Wikipedia


Pour certains, après 6 mois d’absence dans les établissements scolaires, les écoliers, collégiens, lycéens et étudiants retrouveront la semaine prochaine les bancs de l’école.


Mais alors que la rentrée s’organise dans les différents établissements, cette rentrée va voir de nombreux changements arriver dans ses protocoles. Chaque année, l’Éducation nationale envoie sa traditionnelle feuille de route pour les établissements français, mais cette année, (surprise !) vous ne trouverez pas dedans de contenu à caractère éducatif mais plutôt une liste des nouvelles règles sanitaires à faire respecter aux élèves, aux professeurs et au personnel.


Tout d’abord, comme partout, l’application des gestes barrières deviendra obligatoire. Désinfection des mains, distanciation sociale quand cela est possible et la recommandation d’éviter tout contact que cela soit entre élèves mais aussi entre toutes les personnes présentes dans l’établissement. Ensuite du côté nettoyage, 2 mesures importantes ont été prévues, aération des classes au minimum une fois toutes les 3 heures et un nettoyage complet de tout l’établissement au moins une fois par jour. Mais la mesure phare annoncée par le ministère de l’Éducation est le port du masque obligatoire pour tous les élèves âgés de plus de 11 ans, tous les professeurs et tout le personnel. Bien sûr, comme dans les restaurants, le port du masque sera obligatoire lors des déplacements ainsi que dans les classes, il pourra être retiré une fois les élèves installés.


Mais alors comment faire si mon établissement est trop petit ou pas adapté pour respecter les règles sanitaires ? Et c’est là que ça se complique… pour permettre aux établissements de faire le maximum sans avoir à baisser leur effectif ou assurer moins de cours, l’Éducation nationale a tout simplement décidé de laisser libre choix aux proviseurs d’assouplir les règles de distanciation s’il y a un manque de place dans les classes, ou encore dans les restaurants scolaires… Dans les classes, ce n’est pas vraiment grave le masque sera là pour remplacer cette défection, mais pour les restaurants scolaires c’est plus problématique, le masque ne peut pas être porté car on ne peut pas manger avec un masque… Alors que faire quand on sait que les espaces de repas sont souvent les endroits regroupant le plus d’élèves à une même heure dans un espace des plus réduit ? A cette question pour l’instant aucune réponse n’a été donnée, toutefois à l’heure où nous écrivons cet article le protocole sanitaire de l’État est encore notifié comme en développement, à voir si ces changements permettront un semblant de cohérence dans la proposition globale…


L’autre point qui dérange en cette rentrée mais, qui cette fois pose problème non pas que dans le domaine public mais aussi dans les entreprises, est de savoir qui va payer les masques ?

Doit-on rajouter cela aux budgets des étudiants qui est déjà en hausse de près de 3% pour cette année selon l’UNEF ?

Doit-on demander aux établissements de prendre ces frais sur leur budget éducatif ?

Doit-on demander aux régions, aux départements, aux académies, aux collectivités locales ?


Vous l’aurez compris beaucoup de questions tournent autour de ce sujet si simple, et pour y répondre nous avons la chance d’avoir les réponses de Lionel Causse, député LREM de la 2e circonscription des Landes, qui a présenté une mesure concernant le financement des masques. Il vous explique son idée et répond à nos questions.


Demain Citoyens ! : Tout d’abord, pourriez-vous résumer à nos lecteurs la mesure que vous proposez au Gouvernement ?


Lionel Causse : Je propose au Gouvernement de mettre des masques gratuitement à disposition de notre jeunesse dans les établissements scolaires où le port du masque est obligatoire, de 11 ans jusqu’à la fin des études universitaires.


Demain Citoyens ! : Selon vous le port du masque peut-il réellement se substituer aux règles de distanciation sociale ?


Lionel Causse : Non. Il faut adopter tous les gestes barrières, le masque n’est pas l’unique solution mais une précaution supplémentaire. Il ne remplace en aucun cas le lavage des mains, le gel hydro-alcoolique, la distanciation… Il faut rester le plus fidèle aux recommandations du Conseil Scientifique.


Demain Citoyens ! : Pensez-vous que les établissements vont réussir à appliquer toutes les mesures du Gouvernement en particulier celles qui concerne le nettoyage et qui peux apparaître comme un souci logistique dans les établissements de grandes tailles ?


Lionel Causse : Localement, tout le monde va trouver de bonnes solutions. On l’a vu lors de la reprise de certains établissements : quelques élus locaux avec des professionnels de l’enseignement ont trouvé des solutions individuelles à chaque établissement pour accueillir les jeunes en toute sécurité. Elles peuvent varier entre les différents établissements. L’instruction est un droit et est obligatoire, c’est une priorité que nos jeunes retrouvent le chemin de l’école que certains n’ont pas pris depuis mars.


Des enveloppes locales pourront aider à mettre en place des aménagements spécifiques.


Demain Citoyens ! : Selon vous, quelles seraient les solutions que le Gouvernement mettrait en place en cas de recrudescence de l’épidémie ?


Lionel Causse : Il y aura de nouveaux cas, c’est certain. Il faudra tester, fermer des classes ou des écoles en fonction de l’ampleur de contamination. L’adaptation se fera cas par cas. On y fera face, on n’a pas le choix.


Demain Citoyens ! : Pensez-vous que les établissements sont prêts à accueillir les élèves à effectif complet même masqués ?


Lionel Causse : La plupart sont prêts, on s’y prépare depuis avril. La reprise avant les vacances a permis à certains établissements de s’organiser en conséquence. Ceux qui auront des difficultés seront minoritaires.


Il n’y a pas de raison que l’on n’y arrive pas, on échange beaucoup entre établissements. On pourra aider des écoles en faisant, pourquoi pas, des travaux en urgence.


Jeunes et Engagés : Combien cela coûterait à l’État de fournir des masques à tous élèves ?


Lionel Causse : Je propose 5 masques par jeune, afin de pouvoir les laver et tourner toute la semaine. Cela représenterait 150 millions d’euros, une somme ambitieuse mais supportable dans le plan de relance de 100 milliards d’euros. Je pense que dépenser 150 millions pour protéger nos jeunes est tout à fait normal et juste.


Jeunes et Engagés : Combien cela coûterait à une famille de fournir les masques chaque jour à son/ses enfants ?


Lionel Causse : Tout dépend de la constitution du foyer et du type de masque. Je suis parti sur des masques lavables en tissu, le moins cher et le plus écologique. Pour une famille avec un enfant, cela représenterait quelques dizaines d’euros par mois et jusqu’à 200€ par mois pour une famille de quatre enfants.


Pour un étudiant seul cela représente 30€ par mois, l’équivalent de trente repas au restaurant universitaire. Assumer ces dépenses pour un étudiant, en plus des coûts supplémentaires liés aux circonstances actuelles, ne fera que le précariser. Ils n’ont en majorité pas pu travailler cet été, les saisonniers ont été peu nombreux. Les étudiants seront les principales victimes de la Covid.


Baptiste Stipa, propos recueillis par Raph