Une gauche divisée, morcelée ?


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Considérée comme l’incontournable de l’échiquier politique français, la gauche unifiée ne semble plus faire partie de cette société bipartite.

Le Parti Socialiste, issu de la SFIO est situé à gauche. Anciennement anticapitaliste, il prône aujourd’hui l’éco-socialisme, le progressisme et se veut pro-européen. 

Le parti à la rose a connu deux présidents de la Ve République élus sous son étiquette, François Mitterrand (1981-1995) et François Hollande (2007-2012). 

Pourtant figure principale du socialisme français, le parti connaît un déclin majeur depuis quelques années. 

Que s’est-il passé ?

Pour comprendre précisément cette chute vertigineuse, il nous faut restituer le contexte et revenir quelques années en arrière, en 2012, lors de l’élection présidentielle. 

Le président sortant, Nicolas Sarkozy, issu de l’UMP (actuellement Les Républicains), est battu par François Hollande, ancien Premier secrétaire du PS. Réunissant un peu plus de 51% des suffrages, il devient le septième Président de la Ve République le 15 mai 2012. 

À ce moment, le PS est le grand favori : il remporte la majorité à l’Assemblée Nationale. 

Le mandat de Hollande est marqué notamment par la loi sur le mariage homosexuel, la COP21 et par les attentats de 2015. Des « scandales » politiques ont affecté la popularité du président comme celui de Jérôme Cahuzac ou encore de Thomas Thévenoud. Aux élections municipales de 2014, le PS échoue, et favorise une montée de la droite et de l’extrême-droite. Aux européennes de 2014, la gauche ne réunit que 13% des voix. On note aussi une forte poussée du FN arrivant en tête.

Pour la première fois dans l’histoire de la Ve, le Président en exercice ne s’est pas représenté, atteignant une impopularité record à la fin de son mandat (87%)

Et après ?

Le pays perdu, les autres personnalités politiques ont su innover pour attirer les électeurs du PS : Mélenchon pour les plus revendicateurs, Macron pour les plus réformistes. Emmanuel Macron remporte les élections présidentielles en balayant sur son passage Benoît Hamon, candidat PS ne récoltant que 2 millions de voix contre les 10 millions du Président sortant. 

C’est après cet échec cuisant que le PS se divise, se fractionne, pour laisser place à une multitude de mouvements socialistes. On peut citer Générations, le mouvement de B. Hamon ; Place Publique de R. Glucksmann ou encore la Gauche Républicaine et Socialiste. 

La descente continue pour la gauche qui échoue aux élections législatives et européennes de 2017 et 2019, réunissant moins de 1,5 millions d’électeurs aux urnes. 

Olivier Faure, actuel Premier secrétaire du PS reconnaît la défaite du parti :

« Je ne suis pas dans le déni : le PS traverse une crise qui n’est pas encore achevée. Je mesure bien qu’on a perdu toutes les élections depuis les municipales 2014. »

Suite à ces échecs, le parti lourdement endetté, vend son siège historique Rue de Solferino pour rembourser ses dettes. Son Premier secrétaire actuel, Olivier Faure, souhaite la renaissance de la gauche, une gauche forte et unie. 

Mon opinion

La gauche n’est plus menée par un parti majoritaire, mais par des mouvements politiques trop divergents pour représenter une force d’opposition véridique. Le départ de nombre de personnalités socialistes à La République en Marche a aussi contribué à son déclin. 

Le départ des adhérents a également contribué à sa perte, passant de 108 000 en 2018 à moins de 37 000 en 2019. 

Le PS est devancé par d’autres mouvements qui innovent, inventent et fédèrent. On peut nommer Jean-Luc Mélenchon qui a su créer un engouement pour ses idées, mais un court instant. 

Le PS est ruiné, vidé de son identité comme sous François Mitterrand : un parti qui rassemble, unifie et qui se pose comme une force de conquête et de convergence des idées socialistes. 

Le PS est morcelé, découpé. Les visages connus ont fondé leurs propres mouvements, sont en retrait ou sont sortis du circuit politique. 

Le PS est dépassé, mais pas ses idées. L’émancipation individuelle, la redistribution des richesses, la préservation écologique, la souveraineté démocratique, la conquête de nouveaux droits ne sont pas des concepts dépassés. 

Lors des dernières présidentielles, le Parti Socialiste n’a pas su convaincre les électeurs notamment à propos de la mondialisation ou du libéralisme financier.

Le PS n’est pas assez moderne, il n’a pas su se mettre à la page comme Les Républicains, inspirant un renouveau du moins avec son nouveau nom. Les électeurs auraient besoin de renouveau, de changement. Le changement, on l’attend.

Selon toi, que deviendra la gauche dans les années à venir ? Est-ce l’identité même de la gauche qui est amenée à changer ou tout le paysage politique actuel ?

Je te conseille l’article du Monde sur le départ des cadres du PS, qui explique bien la situation.

Raph