Une vision d’ensemble du débat capitaliste



Décembre 1999, No Logo : La tyrannie des marques, fait une entrée remarquée sur le marché littéraire. Écrit par Naomi Klein, cet essai décrit une société de consommation corrompue par des marques avides d’argent, soignant plus l’image du produit que le produit en lui-même. Il devient rapidement un best-seller et propulse son auteur dans la lumière médiatique. Aujourd’hui l’une de ses références, Naomi Klein compte parmi les grands noms d’un mouvement né dans les années 1990 : l’altermondialisme.


Parfois appelé le « mouvement des mouvements » de par les innombrables courants qui le compose, l’altermondialisme est avant tout l’idée qu’une autre organisation du monde est possible, plus juste et égalitaire. Ne rejetant pas la mondialisation, qu’ils espèrent réguler, ses partisans sont néanmoins on ne peut plus fermement opposés à la domination capitaliste. Mais quelles sont donc les raisons qui font du capitalisme l’ennemi à abattre, que ce soit dans leurs actes ou leurs écrits ?


Le capitalisme désigne un système économique qui s'appuie sur la propriété privée des moyens de production. L’esprit capitaliste consiste à accumuler du capital de manière continue et régulière, pour ensuite le réinvestir dans de nouveaux investissements industriels.


Devenu peu à peu prédominant dans le monde occidental depuis le XVIe siècle, on peut cependant observer des manifestations du capitalisme depuis la haute Antiquité. Citons par exemple le grand commerce des Babyloniens et des Phéniciens, le trafic méditerranéen des Génois et des Vénitiens ou encore les activités financières des banquiers italiens ou allemands de la fin du Moyen Age.


Il faudra donc attendre le XVIe siècle (début de l’époque moderne) pour assister à son prodigieux développement.

Favorisant un développement économique qui va aider notamment le progrès technologique, outil privilégié de la mondialisation, le capitalisme est dans un sens bénéfique à la société. Mais l’est-il réellement pour le peuple, dans l’histoire ?


Au début du XIXe siècle, Karl Marx va théoriser le concept d’opposition prolétariat – bourgeoisie et pointer du doigt les défaillances du capitalisme. En effet, dans la société du XIXe et du début XXe siècles, le « prolétariat », classe sociale composée d’ouvriers mal payés avec de mauvaises conditions de travail, va vendre sa « force de travail » au patronat, la « bourgeoisie », qui est composée de chefs d’entreprises.

Cette opposition fait partie de ce que Marx et Engels appelaient le « socialisme rationaliste critique », aujourd’hui appelé le marxisme. Il est fondé sur une affirmation : « l’histoire de toutes les sociétés humaines jusqu’à nos jours n’est que l’histoire de la lutte des classes », qui tend à démontrer que l’histoire est constituée de trois modes de production, trois périodes historiques : l’esclavagisme (esclave-maître), le féodalisme (serf-seigneur) et le capitalisme (prolétaire-bourgeois).

Pour Marx, « l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », les prolétaires doivent donc, selon lui, organiser une révolution collective pour renverser l’organisation économique et sociale et faire naître une société socialiste (période de transition entre abolition du capitalisme et l’avènement du communisme) et enfin, instaurer un régime politique qui représente une avancée majeure à leurs yeux : le communisme.

Le communisme de Karl Marx est une société débarrassée du capitalisme (et donc du salariat), des classes sociales, des États, et des frontières.


Aujourd'hui, icône des luttes sociales, Karl Marx a des épigones dans le monde entier et nombreux sont ceux qui se revendiquent de ses idées.


Dernier détail d’une importance relative, ayant connue de nombreuses avancées sociales pour améliorer les conditions de vie des classes sociales ouvrières, la situation ouvrière de l’Europe de l’ouest telle que l’a évoquée Marx n’est plus d’actualité, malgré l’extrême pauvreté que certains subissent toujours chaque jour.


C’est aujourd’hui dans d’autres pays, plus pauvres, que se poursuit majoritairement la réalité ouvrière du capitalisme industriel. Citons les conditions de travail des ouvriers chinois, comme exemple le plus médiatisé.


Le capitalisme actuel est donc une question complexe et politisée que l’on pense souvent connaître à tort. Bien qu’avec une abondance de réfractaires et de nombreuses alternatives théoriques (communisme, altermondialisme…) il continue pour l’instant à dominer le modèle social et économique.


Source image : WWP

Lisa