Valéry Giscard d’Estaing, un homme de modernité



La mort de l’ancien président survenue le 2 décembre 2020 nous donne l’occasion de revenir sur son parcours et la vie d’un homme hors du commun qui a marqué la société française par sa modernité.


Valéry Giscard d’Estaing est décédé mercredi dernier à l’âge de 94 ans dans sa propriété d’Authon, dans le Loir et Cher. Il a fini par succomber au COVID-19, soutenu et entouré par les siens jusqu’au bout.


Surnommé « VGE », cet homme voulait moderniser la France et la société française. D’abord inspecteur des finances, il est élu député du Puy-du-Dôme en 1956. Il est ensuite nommé ministre des Finances et des Affaire économiques sous de Gaulle (de 1962 à 1966), poste qu’il occupera à nouveau sous la présidence de Pompidou. Il est élu président de 1974 à 1981, en battant Mitterrand au deuxième tour. Durant son mandat, il a fondamentalement reformé la France grâce à des mesures nouvelles et particulièrement axées sur la jeunesse et les femmes.


En effet, VGE permet la légalisation de l’IVG : l’interruption volontaire de grossesse.

Mais il met aussi en place un assouplissement des divorces : le consentement mutuel du divorce. Il abaisse aussi l’âge de la majorité légale à 18 ans, qui était jusqu’alors fixée à 21 ans depuis 1792 ! Cela permet aux jeunes d’avoir dorénavant le droit de vote plus tôt et de pouvoir mieux s’exprimer et être entendu. Il est aussi à l’origine de la réforme de l’audiovisuel qui divise l’Office de radiotélévision française (ORTF) en plusieurs sociétés indépendantes.


Une de ses réformes fut aussi le regroupement familial, qui a fait et fait toujours polémique. En effet, l’ancien chef d’état avait mis en place en 1976 le droit pour les personnes immigrées de faire venir des membres de leur famille en France.


Au-delà de ces réformes sociétales, il fait aussi face à la crise économique des années post-trente glorieuses. Les deux chocs pétroliers entrainent crises économiques et chômage de masse en France. Malgré des réformes économiques libérales et le développement du secteur nucléaire garantissant l’indépendance énergétique de la France, il lui sera compliqué de sauver les emplois de millions de français et de garantir l’équilibre budgétaire de l’État.


Profondément européen, Valery Giscard d’Estaing œuvre pour un projet politique européen. Il travaille sur le traité constitutionnel européen pendant plusieurs années et en octobre 2004, celui-ci est signé par 25 membres de l’Union. Cependant lors d’un referendum proposé au français, ceux-ci répondent « non » au projet et il est alors évincé.


VGE a certainement fait face à de nombreuses polémiques et métrisait très bien l’art du buzz, en comprenant très vite l’utilité des médias, et particulièrement de la télévision. Plus jeune président de la Ve république jusqu’à Emmanuel Macron il engagea lors de sa campagne électorale deux publicitaires dans son équipe de communication.


Il a, pendant sa vie politique, saisit l’importance de la communication, les français ont pu le voir skier, nager, jouer au football, au tennis, jouer de l’accordéon, chasser… Mais il est aussi connu pour le fait de s’inviter chez les français pour le repas ou encore pour inviter des éboueurs à l’Élysée pour prendre le petit déjeuner. Ces techniques de communication seront reprises par ses successeurs comme Nicolas Sarkozy, François Hollande ou Jean Lassalle qui iront eux aussi à la rencontre des français. Un moment culte est quand il dit simplement « au revoir » aux français à sa sortie de l’Élysée, suite à la victoire de Mitterrand.



Suite à sa défaite, il se retire de la scène politique pour réapparaître (entre autres) conseiller régional du Puy-de-Dôme en 1982. Également essayiste, il est élu en 2003 à l’Académie Française.


Emmanuel Macron a fixé le 9 décembre comme journée de deuil national pour lui rendre hommage. Il n’y aura pas d’hommage national pour respecter sa volonté. Valery Giscard d’Estaing restera donc dans les mémoires comme un homme moderne et respecté.


Source image : Les Echos

Marine C.