Un lendemain incertain

L'écologie est un thème vaste qui était avant tout une science, avant que la politique s'approprie ce terme. Inventé en 1866 par le biologiste allemand Ernst Haeckel, ce mot définit l'étude des relations entre les êtres vivants dans leurs milieux en tenant compte de leurs interactions. Couramment employée pour désigner les interactions entre les sociétés humaines et leur environnement, l’écologie est aujourd’hui une question politique d’actualité.

 

Nous l'oublions trop souvent mais le débat n'a pas débuté dans les années 1970 avec l'émergence de l'écologie politique1 ou par des alertes sur le réchauffement climatique. C’est au VIe siècle avant J-C que les premières recherches sont menées en Grèce.

1Ensemble de courants insistant sur la prise en compte des enjeux écologiques dans l'action politique et dans l'organisation sociale

 

Dès les origines, la nature fut très vite exploitée par la destruction massive des forêts au profit de la construction de villages, l’éventrement des collines pour en extraire du minerai, l’utilisation des rivières pour se débarrasser des eaux polluées… L'homme a toujours pillé et sali son environnement sans trop d'états d'âme.

Néanmoins, lors de la révolution industrielle, certains individus ne semblaient pas prêts à payer le prix de la modernité. Les penseurs qui ont influencé notre prise de conscience actuelle n’ont pas toujours été entendus de leur vivant. En France et en Angleterre, des centaines de pétitions sont signées par des riverains qui se plaignent de l'implantation des usines les plus polluantes (épidémies massives, pollution de l’air, transformations du milieu naturel...). Dès les débuts de la révolution industrielle, la question des dégâts environnementaux était connue, mais détruire la nature alentour est simplement devenu une dépense nécessaire. D’après les autorités c’était le prix à payer.

En France la population fut soumise à une doctrine médicale : l’hygiénisme2. Le facteur déterminant dans la santé des populations ne serait pas les environnements, mais la prospérité.

En s’industrialisant, on devient plus riche et cela améliore la santé de la population. Il faut donc protéger les usines car la richesse serait la santé et les usines seraient la richesse.

2L’hygiénisme est un ensemble de théories politiques et sociales qui propose un enseignement tiré directement de la vie, par l'observation des Lois naturelles.

 

En 1810, un texte fondateur voit le jour en France : un décret que l’on pourrait qualifier de « droit à polluer » définissant les critères environnementaux à respecter avant d'ouvrir une usine. Une fois l'autorisation obtenue, son activité est protégée et la fermeture de l’usine devient alors presque impossible. Son influence est internationale. En moins de 100 ans, de nouvelles industries se développent et l'usage du charbon se mondialise. Aux États-Unis, le taylorisme3 optimise cette nouvelle énergie providentielle. La production de masse voit le jour, accompagnée successivement de la consommation de masse. Notre environnement se dégrada ainsi au cours du temps.

3Méthode d'organisation scientifique du travail industriel, par l'utilisation maximale de l'outillage et la suppression des gestes inutiles

 

Aujourd’hui, les supports se démultiplient pour présenter le bilan écologique, hélas catastrophique. Le climat actuel est caractérisé par un important réchauffement de l’atmosphère en raison d’une augmentation de la proportion de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre (méthane, oxydes d’azote).

Jamais dans l’histoire « récente » de notre planète, le taux de dioxyde de carbone et de méthane n’avait été aussi élevé. Cette consommation est liée à une exploitation de plus en plus importante de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) se poursuivant à un rythme effréné. Les modèles de climat du futur montrent tous clairement une tendance à un réchauffement planétaire de plusieurs degrés au cours du XXIe siècle.

 

Depuis quelques décennies, l’histoire de la Terre s’est accélérée. La révolution industrielle (de la moitié du 18e à la moitié du 19e siècle) a accru l’effet de serre. Les activités humaines ont augmenté la quantité des gaz dans l’atmosphère. La population mondiale est passée de moins de 2 milliards à plus de 7,7 milliards, (d’où l’augmentation des activités humaines).  

 

Les températures moyennes du globe ont nettement augmenté (de près de 1 °C) et 25% des espèces animales et végétales sont menacées d’extinction. Cette hausse des températures entraîne également d’autres nombreuses conséquences que nous ne traiterons pas ici.

 

Dans les régions proches de l’équateur, ce dérèglement se fait ressentir par une augmentation de phénomènes météorologiques tels que les ouragans. Si les scientifiques considèrent que le réchauffement climatique ne « facilite » pas forcément la naissance de cyclones, un typhon déjà bien formé « puise » bien plus d'énergie pour se renforcer dans une atmosphère humidifiée au-dessus d'océans réchauffés. En effet, la capacité de l'atmosphère à contenir l'humidité augmente avec sa température. Ce supplément d’humidité est à l'origine d'un renforcement des pluies cycloniques qui elles-mêmes intensifient le système. Les tornades ne sont pas forcément plus fréquentes mais leur intensité augmente.

 

Aux pôles nous pouvons observer une accélération du réchauffement climatique qui résulte de la fonte de la banquise et de la calotte glacière. Elle s’explique par le pouvoir réfléchissant de ces surfaces connu sous le nom « d’albédo ». L’albédo « exprime la part de rayonnement solaire qui va être renvoyée vers l’espace. Ainsi elle ne servira pas à chauffer la planète (effet de serre). La glace a un albédo d’environ 60 %, tandis que celui de la neige peut aller jusqu’à 90 %. Lorsque la banquise fond, elle modifie cet albédo, qui change lui-même les échanges d’énergie sur la Terre ». En fondant, les glaces laissent la place à l’océan, plus sombre. Celui-ci absorbe davantage de chaleur solaire que la banquise. Son albédo est compris entre 5 et 10 %. La quantité d’énergie solaire renvoyée dans l’espace par réflexion diminue à mesure que la neige et la glace fondent, provoquant un réchauffement plus intense de la surface. Dès lors le cercle vicieux dans lequel nous sommes s’intensifie.

 

La grande problématique qui subsiste aujourd’hui n’est pas le réchauffement climatique en tant que tel mais son développement abrupt. La faune, depuis des millions d’années, a su évoluer et s’adapter aux écosystèmes. Par le passé, les changements climatiques se produisaient habituellement à un rythme qui laissait aux plantes et aux animaux sauvages le temps de s’ajuster. Les espèces changeaient lentement de comportement et de caractéristiques physiques, au moyen de mutations génétiques. Ainsi, ces changements du milieu étaient échelonnés sur des milliers d’années.

A l’heure actuelle, les variations du climat et des saisons se produisent si vite que la faune n’a pas le temps s’adapter à ce qui se passe dans les principaux éléments de son habitat : la nourriture, l’eau, les abris, les nouveaux prédateurs...

Dans l'équilibre fragile de notre environnement, la disparition d'une seule espèce peut entraîner l’effondrement de l’ensemble des êtres vivants qui en dépendaient. Cet effet boule de neige se répercute sans aucun contrôle. L’air que nous respirons est possible grâce à la production d’oxygène que nos espèces végétales et sous-marines produisent. La diminution de la biodiversité pourrait ainsi conduire à une qualité de vie de plus en plus dégradée. Préserver notre biodiversité est donc une priorité pour ces prochaines années afin de maintenir notre qualité de vie et assurer l’avenir de notre planète.

 

L’impact de l’Homme sur la biodiversité est immense par sa présence massive, ses capacités et ses activités qui lui donnent un pouvoir illimité sur les autres formes du vivant. Pour la première fois dans l’histoire de la vie, c’est l’espèce humaine qui se menace elle-même. Dans sa quête de progrès, l’Homme aurait-il oublié qu’il est lui-même issu de la nature et qu’il en dépend intégralement ?

 

De scientifique, l'écologie est devenue politique. Elle a dépassé le stade de l’étude de ses caractéristiques pour atteindre celui de la problématique de sa conservation. La bascule a eu lieu dès la fin des années 50, du fait de la course à l'armement nucléaire, du développement des pesticides et des premières études sur le funeste état de la planète.

 

L’économie et l’écologie sont désormais inextricablement liées dans la définition et la mise en œuvre que l’on nomme aujourd’hui sous le terme « développement durable ».

Cette expression désigne une conception de la croissance économique dans laquelle les sociétés humaines doivent vivre et répondre à leurs besoins sans compromettre la capacité des ressources renouvelables et permettre ainsi aux générations futures de répondre à leurs propres besoins. Ces contraintes appellent à un profond changement du fonctionnement de nos sociétés, en particulier sur les modes de production et de consommation.

 

Deux courants de pensées ont apporté quelques réponses à ce nouveau défi. Le premier courant considère que l’Homme fait partie de la nature et que son activité (notamment industrielle) l’a amené à transformer et à détruire son environnement. Par conséquent l’écologie industrielle (EI) prône une remise en cause du modèle de développement des économies industrielles afin de permettre une optimisation à l’échelle de groupes d’entreprises, de filières, de régions et même du système industriel dans son ensemble. En effet, dans un système industriel traditionnel, chaque opération de transformation consomme des matières premières, fournit des produits que l’on vend et des déchets que l’on stocke. Ces modes de production ne visent souvent que des optimisations sectorielles avec la mise en place d’un équipement ou d’une installation. L’impact globale est donc difficilement évaluable. Cette méthode simpliste serait alors transformée en un modèle plus durable. Un écosystème industriel propose une vision globale et intégrée avec la biosphère qui fonctionne comme un écosystème biologique, c'est-à-dire en circuit fermé. Cette stratégie s’efforce d’optimiser les flux de matière et d’énergie du système industriel selon le fonctionnement des écosystèmes naturels.

 

Le second courant condamne les méfaits de l’action humaine sur la nature. L’écologie politique (EP) milite pour une croissance zéro, voire une décroissance. Ces propositions théoriques vont à l’encontre de la logique productiviste du capitalisme.

Ces tenants de l'écologie politique ont cherché à réconcilier l'écologie et l'économie. Sans y voir une nécessaire opposition, il semblerait que ces deux courants suggèrent une modification des modes de production et de consommation. Seulement, nous pouvons constater que les stratégies proposées sont radicalement différentes : défis techniques, autolimitation des besoins, transformation en profondeur des structures socio-économiques et culturelles de nos sociétés... A l’heure actuelle, aucune nation n’a su trouver le juste équilibre entre un développement de la croissance économique nécessaire au pays et une sauvegarde des écosystèmes qui le constituent. Aujourd’hui, les politiques écologiques mobilisent lentement l’opinion publique. En tant que citoyen voulant agir concrètement pour l’avenir de la planète, tu peux t’engager dans de nombreuses ONG (Greenpeace, WWF , Sea Sheperd) qui permettront très certainement d’accélérer les changements nécessaires aux futurs générations.

 

Les effets de cette prise de conscience nationale ne se font ressentir que maintenant. L'écologie est constituée d’un champ d’actions considérablement large : se demander comment mieux traiter la nature nous invite à s'intéresser à la permaculture et à la médecine par les plantes, mais aussi à l'impact de la technologie et à l'économie. L’Homme finit par étudier son intérêt ou non à maltraiter notre environnement. Tout dépend donc de la manière dont les humains utilisent ou non la nature